Autisme : 10 mythes coriaces qui empêchent de comprendre nos enfants
Je me souviens encore du jour où Melyssa est rentrée de l’école en me disant :
« Maman, on a dit qu’un enfant autiste ne pouvait pas comprendre comme les autres. C’est vrai ? »
Ce moment a été un électrochoc. Parce qu’au fond, moi aussi, j’avais grandi avec des idées reçues sur l’autisme. Comme beaucoup de parents, j’ai longtemps cru à des clichés transmis par la société, les médias ou encore l’école.
J’ai confondu l’autisme avec un handicap mental, j’ai pensé qu’il se voyait toujours au premier coup d’œil, ou qu’il concernait seulement des enfants “très différents”.
Depuis que j’ai créé ce blog, je découvre chaque jour à quel point nos croyances sont parfois loin de la réalité scientifique et des témoignages des familles. Je ne prétends pas avoir toutes les réponses.
Mais je partage ici mes recherches, mes lectures et mes erreurs, pour que nous puissions, ensemble, mieux comprendre nos enfants neuroatypiques.
Dans cet article, je veux déconstruire 10 mythes coriaces sur l’autisme. Parce que plus nous sensibilisons, plus nous ouvrons la voie à une vraie inclusion. Et surtout, parce que nos enfants méritent d’être compris pour ce qu’ils sont vraiment, et non enfermés dans des cases toutes faites.
- Autisme chez l’enfant : comprendre le trouble du spectre autistique (TSA)
- Mythe n°1 : l’autisme est-il un handicap mental?
- Mythe n°2 : l’autisme vient-il d’une mauvaise éducation?
- Mythe n°3 : peut-on reconnaître un enfant autiste au premier coup d’œil?
- Mythe n°4 : toutes les personnes autistes sont-elles des génies?
- Mythe n°5 : les autistes ne regardent-ils jamais dans les yeux?
- Mythe n°6 : l’autisme est-il identique pour tout le monde?
- Mythe n°7 : les personnes autistes n’ont-elles pas d’émotions?
- Mythe n°8 : peut-on guérir de l’autisme?
- Mythe n°9 : les autistes préfèrent-ils toujours être seuls?
- Mythe n°10 : l’autisme est-il rare?
- Conclusion
Autisme chez l’enfant : comprendre le trouble du spectre autistique (TSA)
Quand on se demande : « Mon enfant est-il autiste ? », on se heurte souvent à une montagne d’incertitudes. L’autisme, ou trouble du spectre autistique (TSA), est un trouble neurodéveloppemental qui ne se résume pas à une seule image. Il englobe une grande diversité de profils et de parcours. Concrètement, il se manifeste par des difficultés d’interaction sociale, une communication limitée, des comportements répétitifs ou restreints. Mais il faut garder en tête une chose essentielle : chaque enfant est unique.
Il n’existe pas un seul type d’autisme mais plusieurs sous-types, avec des intensités très variables.
Les causes exactes restent encore floues, mais la recherche montre qu’il s’agit d’une combinaison de facteurs génétiques et environnementaux qui influencent la façon dont le cerveau traite les informations.
L’autisme dure toute la vie. Et si l’accompagnement est insuffisant, cela peut entraîner des complications comme des troubles sensoriels, des problèmes gastro-intestinaux, des troubles du sommeil, un isolement social, de la dépression ou même des conduites d’automutilation.
Mais il ne faut pas perdre de vue que le plus grand danger ne vient pas seulement de l’autisme lui-même, mais aussi des mythes, du manque de soutien et des jugements qui isolent encore trop de familles.
Comprendre l’autisme, c’est apprendre à regarder autrement. C’est refuser de voir nos enfants comme des “problèmes” et les accompagner pour révéler leurs forces, leurs talents et leur sensibilité unique. Alors quels sont les mythes les plus coriaces sur le sujet?
Mythe n°1 : l’autisme est-il un handicap mental?
Mes croyances sur l’autisme : une vision réductrice
Quand Melyssa a intégré une école inclusive, ce fut un vrai souffle d’air. Pendant quatre ans, elle n’était plus “l’exception” de la classe. Elle se retrouvait entourée d’enfants qui, comme elle, vivaient leurs propres défis. Certains étaient dyslexiques, et je me souviens de ce qu’elle m’a dit :
“Enfin… je ne suis plus seule.”
Son sourire en rentrant le soir en disait long. Elle me racontait ses nouveaux amis, les jeux partagés, les complicités naissantes. Et parmi eux, certains étaient autistes. Pour elle, c’était normal. Pour moi, pas encore.
J’avais grandi avec une image très réductrice de l’autisme. Dans ma tête, c’était mutisme, isolement, incapacité. Bref, un amalgame tenace entre autisme et handicap mental.
Pourquoi l’autisme a longtemps été confondu avec un handicap mental?
Cette confusion vient de l’histoire. Dans les années 80-90, on disait que 70 % des personnes autistes avaient une déficience intellectuelle. Aujourd’hui, les chiffres sont clairs : c’est plutôt 30 à 40 %. Mais le cliché est resté dans les esprits, comme du chewing-gum sous une chaussure.
Ce que dit la science sur l’intelligence des enfants autistes
La réalité scientifique est pourtant limpide : l’autisme n’est pas un handicap mental. C’est un trouble neurodéveloppemental. Le cerveau se développe différemment, surtout dans la communication, les interactions sociales et la gestion sensorielle. Mais ça n’a rien à voir avec l’intelligence.
On peut être autiste et avoir une déficience intellectuelle, un QI moyen ou très élevé. La vraie différence, c’est la manière de traiter l’information.
Ce mythe est dangereux. Il pousse à sous-estimer les capacités, notamment des enfants non verbaux qui comprennent très bien. Il alourdit la culpabilité des familles. Et il freine l’inclusion scolaire et professionnelle.
L’autisme n’est pas une faiblesse intellectuelle. C’est une autre manière de percevoir et d’organiser le monde.
Mythe n°2 : l’autisme vient-il d’une mauvaise éducation?
Ce que subissent les parents d’enfants autistes au quotidien
Au fil des années, j’ai rencontré beaucoup de parents d’enfants autistes. Tous m’ont confié la même blessure : ces phrases assassines qu’ils ont dû encaisser.
“Si tu avais été plus stricte, il obéirait mieux.”
“C’est parce que tu la surprotèges qu’elle est comme ça.”
“Tu devrais le laisser pleurer, ça lui ferait du bien.”
Ces mots insinuent que si l’enfant est différent, c’est parce que les parents ont “raté” quelque chose. Même quand on sait que c’est faux, la graine du doute s’installe : et si c’était de ma faute ? Moi aussi, j’ai entendu ces phrases au sujet de Melyssa. Et crois-moi, elles font mal. Très mal.
La théorie des “mères réfrigérateurs” : une fausse explication de l’autisme
Ce mythe ne sort pas de nulle part. Dans les années 50-60, une théorie aujourd’hui totalement discréditée parlait des fameuses “mères réfrigérateurs”. On accusait les mamans d’être froides, incapables d’affection, et cela aurait “créé” l’autisme. Faux, totalement faux. Mais des générations entières ont grandi sous ce poids injuste.

Les recherches scientifiques sur les vraies causes de l’autisme
La science a depuis balayé cette idée : l’autisme est un trouble neurodéveloppemental.
Le cerveau se forme et fonctionne différemment dès la grossesse. De nombreux gènes sont impliqués, certains facteurs biologiques aussi. Mais l’éducation des parents n’y est pour rien. On naît autiste, point.
Pourquoi ce mythe est-il dangereux ? Parce qu’il écrase les familles sous une culpabilité inutile. Parce qu’il retarde la recherche de vrais soutiens. Et parce qu’il abîme la confiance entre parents, proches et professionnels, là où il faudrait au contraire solidarité et accompagnement.
Les parents ne sont pas responsables de l’autisme de leur enfant. Ils sont au contraire sa plus grande chance : un socle, un repère, une ressource pour l’aider à s’épanouir.
Mythe n°3 : peut-on reconnaître un enfant autiste au premier coup d’œil?
Ce qu’on croit voir chez un enfant autiste
Je me souviens d’une discussion avec la maman d’une camarade de Melyssa. Elle m’explique tranquillement que sa fille est autiste. Et moi, sans réfléchir, je lâche :
“Ah bon ? Ça ne se voit pas !”
J’étais complètement à côté de la plaque. Comme si un enfant autiste devait avoir un “look officiel” ou un comportement stéréotypé pour que ce soit crédible. La réalité, je l’ai comprise plus tard : l’autisme n’a pas de visage.
Le phénomène du “camouflage” chez les enfants autistes, surtout les filles
Beaucoup d’enfants autistes, surtout ceux qui n’ont pas de déficience intellectuelle, développent ce qu’on appelle le camouflage. Ils observent les autres, imitent leurs gestes, apprennent les codes sociaux par cœur, préparent leurs phrases à l’avance, sourient au bon moment. De l’extérieur, on ne voit rien.
Mais à l’intérieur, c’est l’équivalent d’un marathon émotionnel et mental.
Ce phénomène touche particulièrement les filles. Leur capacité à masquer est souvent redoutable, ce qui explique pourquoi elles sont diagnostiquées plus tard que les garçons. Mais le prix à payer est lourd : fatigue chronique, anxiété, perte de confiance en soi.
Alors, quand on dit “ça ne se voit pas”, on croit rassurer. En réalité, on minimise des efforts colossaux, invisibles aux yeux du monde.
L’autisme n’est pas toujours visible. C’est justement ce qui le rend difficile à comprendre et parfois long à diagnostiquer. Apprendre à voir, ce n’est pas chercher une “étiquette” évidente, c’est accepter de regarder au-delà des apparences et reconnaître ce qui ne se perçoit pas toujours au premier regard.
Je t’invite à découvrir ce portrait de l’humoriste Laurie Laune, autiste asperger, qui évoque notamment le camouflage de l’autisme chez les femmes.

Mythe n°4 : toutes les personnes autistes sont-elles des génies?
Le syndrome du savant : un cas rare chez les enfants autistes
Dès qu’on parle d’autisme, beaucoup imaginent Rain Man : incapable de communiquer, mais génie des chiffres. Cette image a marqué les esprits… mais elle est terriblement réductrice.
La vérité, c’est que le “syndrome du savant” – ces compétences spectaculaires comme la mémoire photographique ou le calcul mental fulgurant – reste rare : moins de 10 % des personnes autistes en présentent. La majorité, comme tout le monde, a des forces et des fragilités.
Mais attention : cela ne veut pas dire que les autistes n’ont pas de talents.
Ce que disent les études sur les forces et compétences des personnes autistes
Une grande étude a montré que près de deux tiers des personnes autistes possèdent au moins une compétence au-dessus de la moyenne, dans des domaines aussi variés que la mémoire, la perception visuelle ou la musique. Ces forces ne sont pas toujours visibles, ni “spectaculaires”, mais elles existent bel et bien.
Certaines personnes excellent en dessin, d’autres ont une capacité incroyable à remarquer des détails, à apprendre des règles complexes ou à persévérer face à des tâches qui décourageraient beaucoup d’autres. Ces compétences peuvent sembler ordinaires vues de l’extérieur, mais elles représentent de véritables atouts dans leur vie quotidienne.
Le danger de ce mythe, c’est qu’il crée une attente irréaliste : comme si être autiste signifiait forcément avoir un don “magique”. Cela met une pression énorme sur les enfants et les adultes autistes, qui finissent par se demander : “Et moi ? Si je n’ai pas de talent exceptionnel, est-ce que je compte moins ?”
L’autisme ne se résume pas à des génies cachés. Les vraies forces, parfois plus discrètes, sont tout aussi précieuses et méritent d’être reconnues.
A lire également : Asperger raconté par Paul El Kharrat et sa mère : un témoignage bouleversant
Mythe n°5 : les autistes ne regardent-ils jamais dans les yeux?
Pourquoi le regard peut être difficile ou douloureux chez certaines personnes autistes?
“Il ne me regarde pas dans les yeux… donc il est forcément autiste.”
Cette phrase circule encore trop souvent. Et pourtant, c’est un cliché simpliste.
En réalité, beaucoup de personnes autistes vivent le contact visuel comme une expérience douloureuse ou envahissante. Certaines parlent d’un vertige, d’un cœur qui s’emballe, d’une tension qui monte comme si elles étaient en danger. D’autres décrivent la sensation d’“être dévorées du regard”, comme si leurs pensées les plus intimes devenaient visibles.
Pour certaines, c’est carrément ressenti comme une agression sensorielle, un peu comme fixer le soleil ou croquer dans un citron trop acide.
D’autres n’éprouvent pas de douleur, mais une confusion : combien de secondes faut-il regarder ? Sans paraître fuyant, sans donner l’impression de “fixer” ? Le résultat, c’est une lutte intérieure permanente, entre vouloir être dans le lien et craindre de mal faire.
Les stratégies utilisées par les autistes pour gérer le contact visuel
Et puis il y a les stratégies. Beaucoup racontent détourner légèrement le regard vers le front, le nez ou la bouche, pour donner l’impression d’un contact visuel. Certains utilisent des lunettes, ou comptent mentalement quelques secondes pour doser. Bref, ils inventent des moyens de composer avec une norme sociale qui n’a rien d’évident pour eux.
Ce mythe est dangereux parce qu’il réduit l’autisme à une caricature : “pas de regard = pas d’émotion”. Or c’est faux. On peut écouter, aimer, s’attacher, rire, soutenir… sans fixer l’autre dans les yeux. Le regard n’est qu’une des mille manières d’entrer en relation.
Une étude qualitative menée par Trevisan, Roberts, Lin & Birmingham a montré que de nombreux adolescents et adultes autistes décrivent le contact visuel comme une source d’angoisse, de surcharge sensorielle ou d’invasion de leur intimité. D’autres évoquent simplement la difficulté de gérer les codes sociaux liés au regard. Cette diversité de vécus rappelle une chose essentielle : l’absence de contact visuel n’est pas synonyme d’absence d’émotion ou de lien.
Mythe n°6 : l’autisme est-il identique pour tout le monde?
Pourquoi l’autisme est un spectre avec des profils variés?
Combien de fois on entend :
“Ah oui, je connais un enfant autiste… donc je vois.”
Non, tu ne vois pas. Parce que l’autisme, ce n’est pas une seule case.
L’autisme est un spectre. Cela veut dire qu’il se manifeste différemment chez chaque personne.
Certains auront de grandes difficultés de communication, d’autres parleront sans problème mais auront besoin de routines très strictes. Certains seront hypersensibles au bruit, d’autres beaucoup moins.
C’est comme un tableau avec plusieurs curseurs : chez l’un, la sensibilité sensorielle est au maximum ; chez l’autre, c’est la rigidité aux changements. Résultat : deux personnes avec le même diagnostic peuvent avoir des quotidiens totalement différents.
Ce que la science confirme sur la diversité des enfants autistes
La science le confirme : le DSM-5, le manuel international des diagnostics, ne parle plus “d’autismes” au pluriel mais de trouble du spectre autistique (TSA).
Ce terme rappelle qu’il existe différents degrés de soutien nécessaires : léger, modéré ou important. Mais même avec cette classification, deux personnes au même “niveau” peuvent avoir des vies radicalement différentes.
Réduire l’autisme à un seul profil, c’est un peu comme croire que toutes les chansons d’une playlist se ressemblent. Oui, ce sont toutes de la musique. Mais entre le jazz et le métal, il y a un monde.
Ce mythe est dangereux car il empêche de voir la singularité de chaque enfant, de chaque adulte. Reconnaître la diversité, c’est aussi reconnaître leurs besoins, leurs talents et leurs façons uniques d’exister.
L’autisme n’a pas un seul visage. Il en a des milliers.
Je t’invite également à lire cet article pour mieux comprendre les différences de profils neuroatypiques : TDAH et autisme : comprendre les similitudes et les différences clés
Mythe n°7 : les personnes autistes n’ont-elles pas d’émotions?
Les enfants autistes sont-ils incapables de ressentir des émotions?
Ce mythe est tenace : les personnes autistes seraient froides, incapables de ressentir ou d’exprimer leurs émotions. Rien n’est plus faux.
La réalité est plus subtile. Beaucoup d’autistes ressentent les émotions avec intensité, parfois même davantage que les neurotypiques.
Mais les exprimer ou les reconnaître chez les autres peut être difficile. C’est ce qu’on appelle l’alexithymie : une difficulté à identifier et à verbaliser ses propres émotions.
L’alexithymie : une difficulté émotionnelle associée à l’autisme
Une méta-analyse récente a montré que 50 % des personnes autistes sont concernées par l’alexithymie, contre seulement 5 % des personnes neurotypiques.
Cela veut dire que la moitié des autistes ne présentent pas ce trait et traitent les émotions comme n’importe qui. Autrement dit, ce n’est pas l’autisme en soi qui empêche de ressentir, mais parfois cette condition associée.
L’alexithymie ne signifie pas “absence d’émotions”. Elle traduit plutôt une difficulté à les décoder et à les exprimer de façon attendue socialement. Et elle peut aussi être présente dans d’autres troubles, comme la schizophrénie ou certains troubles alimentaires.
Ce mythe est dangereux car il déshumanise les personnes autistes, comme si elles étaient insensibles. En réalité, elles aiment, souffrent, rient, s’attachent… simplement avec d’autres codes. Un sourire peut remplacer un mot, une présence silencieuse peut exprimer un attachement profond.
Les émotions sont bien là. L’autisme ne les efface pas, il propose juste une autre manière de les vivre et de les montrer.
Mythe n°8 : peut-on guérir de l’autisme?
L’espoir du “traitement miracle” pour les enfants autistes
Face à un diagnostic, beaucoup de familles espèrent une solution miracle : un traitement, une thérapie, une guérison. Mais posons-le clairement : l’autisme n’est pas une maladie. Et ce qui n’est pas une maladie… ne se guérit pas.
Pendant des décennies, on a cherché une cause unique, comme on chercherait l’origine d’une infection. Certains médecins parlaient même de “traitements pour sortir de l’autisme”.
Ajoute à cela les promesses de pseudo-thérapies miracles, souvent coûteuses et parfois dangereuses, et tu comprends pourquoi ce mythe est coriace.
La réalité scientifique sur le trouble du spectre autistique (TSA)
La réalité scientifique est claire : l’autisme est un trouble neurodéveloppemental.
Cela veut dire que le cerveau se développe différemment, avec des particularités dans la communication, les interactions sociales, la perception sensorielle et la régulation émotionnelle. Ce n’est pas un virus à éliminer, mais une autre manière de fonctionner.
Alors, si l’autisme ne se “guérit” pas, que peut-on faire ? On peut accompagner. On peut adapter l’environnement. On peut proposer des soutiens concrets : orthophonie, ergothérapie, accompagnement éducatif respectueux, outils de régulation sensorielle… L’objectif n’est pas de gommer l’autisme, mais de permettre à chaque personne de s’épanouir avec son profil unique.
Ce mythe est dangereux, car il met une pression énorme sur les familles : comme si elles devaient trouver “la solution” pour réussir. Il nourrit aussi un marché de charlatans qui profitent du désespoir. Et il renforce l’idée que l’autisme serait une erreur à corriger, plutôt qu’une différence à comprendre.
La vérité, c’est qu’on ne guérit pas de l’autisme. On apprend à vivre avec, à adapter son monde et à valoriser les talents qui en découlent. Et c’est déjà une formidable victoire.
Mythe n°9 : les autistes préfèrent-ils toujours être seuls?
L’idée reçue : l’enfant autiste et la solitude
On croit souvent que les personnes autistes aiment être dans leur bulle, qu’elles ne cherchent pas vraiment le contact. C’est faux.
Les recherches montrent que la grande majorité des enfants autistes ont au moins un ami. Une méta-analyse de 2016 a même révélé qu’il existe plus de ressemblances que de différences avec les enfants neurotypiques quand il s’agit d’amitié. Les autistes ont la volonté d’avoir des amis et la capacité de développer des relations réciproques.
Comment les enfants autistes vivent leurs relations sociales différemment?
Alors pourquoi ce mythe persiste-t-il ?
Parce que leurs relations peuvent prendre une forme différente. Les autistes ont souvent moins d’amis que les neurotypiques, et ce qu’ils attendent de l’amitié peut être unique : plus d’authenticité, moins de conventions sociales. Les bavardages de surface peuvent les épuiser, mais une relation sincère, profonde, les nourrit énormément.
Ce qui complique les choses, ce sont les obstacles : la fatigue liée aux interactions sociales, l’hypersensibilité aux bruits ou aux regards, et la peur du rejet après des expériences douloureuses. À force, certains préfèrent s’isoler pour se protéger. Ce n’est pas un manque d’envie, mais une stratégie de survie.
Ce mythe est dangereux, car il invisibilise leur désir d’appartenance. Dire “ils préfèrent être seuls” revient à nier leur besoin réel de lien et à justifier leur isolement. En réalité, beaucoup d’autistes aspirent à des relations solides, mais adaptées à leur rythme et à leur façon de communiquer.
La vérité ? Les autistes ne rejettent pas l’amitié. Ils l’inventent autrement, avec sincérité et profondeur.
Mythe n°10 : l’autisme est-il rare?
Les chiffres officiels sur l’autisme
L’Organisation mondiale de la santé estime qu’environ 1 enfant sur 100 est autiste dans le monde. Une vaste méta-analyse (Talantseva et al., 2023) regroupant 85 études menées dans 29 pays a affiné ce chiffre : la prévalence moyenne serait de 0,72 %, avec des taux plus élevés dans les pays à revenu élevé, où l’accès au diagnostic est meilleur.
Aux États-Unis, les données du CDC sont encore plus précises : 1 enfant sur 31 est identifié comme autiste en 2022. En France, on estime qu’il y aurait environ 700 000 personnes autistes, dont 100 000 enfants. Autrement dit, il est quasiment certain qu’il y ait au moins un élève autiste dans chaque cour d’école.
Pourquoi le mythe de la rareté de l’autisme persiste encore aujourd’hui?
Alors pourquoi ce mythe persiste-t-il ? Parce que, pendant des décennies, seuls les profils les plus visibles étaient diagnostiqués : les enfants avec retard de langage ou comportements très marqués.
Beaucoup d’autres, dits “à haut niveau d’adaptation”, passaient sous les radars. Ils masquaient leurs difficultés, trouvaient des stratégies pour “faire semblant”, et n’étaient jamais identifiés comme autistes. Résultat : on a longtemps cru que l’autisme était rare.
Ce mythe est dangereux, car il minimise la réalité. Croire que “ça ne concerne presque personne” retarde la mise en place de politiques d’inclusion à l’école, dans l’emploi, et dans la société. Cela isole aussi les familles, comme si elles vivaient une exception, alors qu’elles sont bien plus nombreuses qu’on ne l’imagine.
L’autisme n’est pas une rareté. C’est une réalité de notre société. Et plus on reconnaît son ampleur, plus on construit un monde prêt à accueillir toutes ces différences.
Ce témoignage devrait t’apporter un éclairage réconfortant sur l’autisme : Syndrome d’Asperger chez l’enfant : le parcours inspirant d’une mère psychologue
Conclusion
L’autisme n’est pas une erreur du vivant, ni une route déviée par accident. C’est un chemin parallèle, tracé autrement, qui nous oblige à sortir de nos certitudes pour emprunter des sentiers que nous n’aurions jamais explorés.
Pendant longtemps, nous avons cru que ces chemins étaient des impasses.
Nous avons collé des étiquettes, enfermé des enfants dans des cases étroites, en pensant les définir. Mais en réalité, c’est nous qui étions prisonniers de nos propres mythes.
Comprendre l’autisme, ce n’est pas chercher à gommer les différences. C’est accepter que l’humain se décline en une infinité de formes, et que la beauté naît justement de cette diversité.
Chaque enfant autiste n’est pas un “manque” ou un “excès”, il est une variation précieuse de la vie, une note singulière dans une symphonie trop longtemps réduite à une seule mélodie.
Alors oui, il est temps de briser ces mythes. Parce qu’à chaque fois qu’on abandonne une idée fausse, on ouvre un espace de liberté. On donne à ces enfants — et à leurs familles — la place qu’ils méritent. Et plus encore, on s’autorise à voir la richesse du monde tel qu’il est : multiple, imprévisible, profondément humain.
« L’autisme n’est pas une erreur à corriger, c’est une autre manière d’habiter le monde. Chaque fois que nous brisons un mythe, nous ouvrons une porte vers plus d’humanité. »
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