Lexique pratique neuroatypique

Lexique pratique des sigles de la neuroatypie : TDAH, TSA, DYS, MDPH… enfin expliqués simplement

Quand tu deviens parent d’un enfant neuroatypique, c’est un peu comme si on te parachutait dans un pays étranger. Tout le monde semble parler couramment… sauf toi.

Au début, tu te dis que ton petit bagage scolaire va suffire. Et puis non. Très vite, tu réalises que tu as mis un pied dans un monde où l’on communique surtout en sigles.

Alors tu cherches du réconfort. Tu ouvres un forum, un groupe, un commentaire. Et tu tombes sur ce genre de phrase :
« Mon fils est TDAH avec suspicion de TOP, le dossier MDPH est en cours, on attend de savoir si ça passera en ULIS. »

Silence.
Heu… pardon ?

On dirait une partie de Scrabble qui aurait mal tourné. Pas une discussion entre parents.

Tu scrolles. Tu tapes les mots sur Google. Et plus tu cherches, plus les définitions deviennent techniques. Froides. Indigestes. Comme si on te demandait de comprendre une série… sans sous-titres.

Et c’est là que beaucoup de parents se sentent perdus. Largués. Un peu seuls aussi.

Alors respire.
Dans cet article, je te propose autre chose.

Je vais jouer le rôle de ton traducteur. Pas de jargon. Pas de charabia. Juste des mots simples, concrets, pour t’aider à comprendre enfin ce que signifient ces termes qu’on te répète au quotidien.
Objectif : simplifier, clarifier, et te redonner de l’air.

Comprendre la neuroatypie : enfin des définitions simples!

Atypie

L’atypie désigne une caractéristique ou un fonctionnement qui s’écarte de la norme attendue, sans pour autant être pathologique.
Chez l’enfant, elle peut concerner le développement cognitif, émotionnel ou comportemental.
Ce terme est souvent employé comme une manière simple de parler des profils dits « neuroatypiques ».

Neuroatypique

Un enfant neuroatypique a un fonctionnement neurologique qui diffère de la majorité.
Ce terme large englobe à la fois des troubles neurodéveloppementaux (TDAH, autisme, troubles Dys) et des profils non médicaux (haut potentiel, hypersensibilité).
Ces particularités ne sont pas des déficits, mais d’autres façons de penser et d’apprendre.
Le mot « neuroatypique » est donc plus inclusif que « neurodivergeant », et c’est celui que l’on retrouve le plus souvent dans le langage quotidien des familles.

Neurodiversité

La neurodiversité est un concept à la fois scientifique et social qui valorise la variété des fonctionnements cognitifs humains : autisme, TDAH, troubles Dys, haut potentiel, etc.
Plutôt que de les considérer comme des déficits, elle les reconnaît comme des différences naturelles et légitimes.
Ce terme a été popularisé par Judy Singer, une sociologue australienne, dans les années 1990.

Neurodivergeant

Le terme « neurodivergeant » vient directement du mouvement de la neurodiversité.
Il désigne les personnes dont le fonctionnement neurologique s’écarte de la norme dite neurotypique, comme les enfants autistes, TDAH ou Dys.
Il se distingue de « neuroatypique » : ce dernier inclut aussi des profils non médicaux comme le haut potentiel ou l’hypersensibilité.
En résumé : tout enfant neurodivergeant est neuroatypique, mais tous les enfants neuroatypiques ne sont pas neurodivergeants.

Neurotypique

Un enfant neurotypique suit un développement neurologique conforme aux normes attendues.
Ses apprentissages, ses interactions et ses comportements ne nécessitent pas d’aménagements particuliers.
Ce terme sert surtout de contraste avec « neuroatypique », notamment dans les discussions autour de la neurodiversité et de l’inclusion.

On confond souvent neuroatypie et trouble du neurodéveloppement (TND), alors que ce n’est pas la même chose.

  • La neuroatypie est un terme large, presque un parapluie, qui regroupe tous les fonctionnements différents de la norme : TDAH, TSA, Dys, mais aussi HPI ou hypersensibilité.
  • Les TND sont une catégorie précise et médicale : ce sont des diagnostics reconnus, définis dans les classifications internationales (DSM-5, CIM-11).

👉 En résumé :

  • Neuroatypie = diversité des cerveaux et des fonctionnements (terme inclusif et non médical).
  • TND = troubles précis, identifiés médicalement, qui entraînent un impact durable sur le quotidien.

Les troubles du neurodéveloppement (TND)

Comment savoir si on parle de TND ?

Pour qu’un enfant soit concerné par un trouble du neurodéveloppement (TND), plusieurs éléments doivent être réunis :

  1. Un domaine du développement est touché
    Ça peut être le langage (parler, comprendre), la motricité (écrire, s’habiller), ou encore les habiletés sociales (se faire des amis, comprendre les règles du jeu).
  2. Un impact dans la vie quotidienne
    Les difficultés ne restent pas “invisibles” : elles gênent l’enfant à l’école, dans la famille ou dans ses relations avec les autres.
  3. Des signes présents très tôt et qui durent
    Ces particularités apparaissent dans l’enfance et ne disparaissent pas toutes seules avec le temps. Elles font partie de son fonctionnement durable.
  4. Pas d’autre cause évidente
    Ce n’est pas lié à une maladie (comme l’épilepsie), à un problème sensoriel (comme une surdité non corrigée), ni seulement à un manque de stimulation dans son environnement.

Voici une catégorisation pour mieux comprendre :

Troubles Dys

Les troubles Dys peuvent sembler abstraits quand on lit leurs noms. Mais dans la vraie vie, ils se traduisent par des petites scènes du quotidien. Comme ce soir où ton enfant s’énerve devant un devoir de maths, ou ce matin où écrire trois phrases lui prend une éternité. Ces moments-là sont le reflet de difficultés invisibles mais bien réelles.

Dyscalculie

La dyscalculie est un trouble spécifique des mathématiques. L’enfant dyscalculique a du mal à comprendre les nombres, à effectuer des calculs ou à gérer les mesures de temps et d’espace. Ce n’est pas lié à un manque d’intelligence, mais nécessite une approche concrète et visuelle.

Tu trouveras ici des stratégies pour aider ton enfant : Dyscalculie ou dyslexie des chiffres : comment mieux la comprendre pour aider ton enfant?

Dysexécutif

Le trouble dysexécutif touche les fonctions exécutives : planification, organisation, mémoire de travail, inhibition. L’enfant peut avoir du mal à s’organiser, terminer une tâche ou contrôler ses impulsions. Des outils concrets l’aident à mieux structurer ses actions et gagner en autonomie.

Dyslexie

La dyslexie est un trouble spécifique de l’apprentissage de la lecture. L’enfant dyslexique a des difficultés à identifier les mots, les sons et à comprendre les textes. Ce trouble n’est pas lié à l’intelligence, mais nécessite des adaptations pédagogiques et un accompagnement personnalisé pour progresser.

Pour mieux comprendre ce trouble, découvre cet article : Les secrets de la dyslexie : un regard complet sur le trouble et ses multiples dimensions

Dysgraphie

La dysgraphie est un trouble de l’écriture manuscrite. L’enfant écrit lentement, avec une écriture illisible ou douloureuse. Ce n’est pas un manque d’effort, mais une difficulté neurologique. Des aides comme l’ordinateur ou des exercices adaptés permettent de compenser et de faciliter l’apprentissage scolaire.

Dyspraxie

La dyspraxie est un trouble de la coordination motrice. L’enfant dyspraxique a des difficultés à planifier et exécuter des gestes, comme écrire, découper ou s’habiller. Ces gestes peuvent lui demander beaucoup d’énergie. Un accompagnement adapté permet d’améliorer son autonomie au quotidien.

A lire : Dyspraxie : pourquoi ton enfant n’est ni maladroit, ni paresseux, et comment vraiment l’aider?

Dysorthographie

La dysorthographie est un trouble de l’apprentissage de l’orthographe. L’enfant écrit avec de nombreuses erreurs malgré les apprentissages, comme des inversions de lettres ou des confusions de sons. Ce trouble est durable et demande des outils adaptés pour l’écriture, afin d’éviter frustration et découragement.

Dysphasie

La dysphasie est un trouble du langage oral. L’enfant a des difficultés à comprendre, organiser et produire des mots ou phrases. Ce trouble durable affecte la communication, mais l’orthophonie et des stratégies adaptées permettent de progresser et de développer ses compétences langagières.

TDAH

Le Trouble Déficitaire de l’Attention avec ou sans Hyperactivité (TDAH) est un trouble neurodéveloppemental. Il entraîne inattention, impulsivité et parfois hyperactivité. Le TDAH impacte la scolarité, les relations et le quotidien, mais une prise en charge adaptée améliore nettement l’estime de soi et la qualité de vie.

Dans cet article, tu trouveras tous les détails pour mieux reconnaitre ce trouble : TDAH chez l’enfant : les signes à connaître absolument!

TSA

Le Trouble du Spectre de l’Autisme (TSA) est un trouble neurodéveloppemental marqué par des difficultés de communication et d’interaction sociale, ainsi que des comportements répétitifs.

Le terme « spectre » reflète la diversité des manifestations, allant de formes légères à des besoins d’accompagnement importants.

On parle d’enfant neuroatypique pour désigner un ensemble très large : TDAH, autisme, troubles Dys, mais aussi haut potentiel ou hypersensibilité. C’est le choix que j’ai fait sur ce blog, car dans la réalité, ces profils se croisent souvent.

Mais il faut distinguer deux choses :

  • Les TND (comme le TDAH, l’autisme, les Dys) → ce sont des diagnostics médicaux reconnus.
  • Les profils associés (HPI, hypersensibilité) → ils ne sont pas considérés comme pathologiques, mais influencent fortement le quotidien.

Souvent, les enfants cumulent plusieurs particularités (par exemple dyslexie + TDAH, ou autisme + hypersensibilité). Je t’en parle dans cet article : la question des comorbidités.

C’est ce mélange qui rend chaque parcours unique et demande des adaptations spécifiques, à l’école comme à la maison.

Trouble du développement intellectuel

Le trouble du développement intellectuel se traduit par des difficultés globales dans le raisonnement, la mémoire et les apprentissages. L’enfant peut avoir du mal à comprendre, à résoudre des problèmes ou à s’adapter aux situations de la vie quotidienne. Ce trouble est durable et nécessite un accompagnement éducatif et thérapeutique pour favoriser son autonomie.

Troubles moteurs et tics

Les troubles moteurs et tics se manifestent par des mouvements ou des sons involontaires, répétés et difficiles à contrôler. Ils peuvent être passagers ou persistants, comme dans le syndrome de Gilles de la Tourette. Ces manifestations ne sont pas volontaires et nécessitent parfois un accompagnement spécialisé.

Les profils associés à la neuroatypie

On pourrait dire que ces profils associés — comme le haut potentiel ou l’hypersensibilité — sont un peu comme des couleurs hors nuancier.
Elles ne sont pas répertoriées officiellement dans les manuels médicaux comme le DSM-5 ou la CIM-11, mais elles apparaissent régulièrement dans la vie des familles d’enfants atypiques.

Et dans la vraie vie, ça veut dire quoi ? C’est ton enfant qui revient de l’école lessivé parce qu’il a tout absorbé : le bruit, l’ambiance, les émotions des autres. Ou celui qui pose dix questions à la minute sur l’univers, pendant que tu essaies juste de finir ton café.
Ces profils ne relèvent pas d’une pathologie, simplement d’un fonctionnement différent, qui demande parfois d’adapter l’école, les relations ou la gestion des émotions pour que l’enfant puisse s’épanouir pleinement.

HPE

Le Haut Potentiel Émotionnel (HPE) désigne des enfants qui ressentent et expriment leurs émotions avec une intensité inhabituelle. Ils perçoivent finement l’ambiance et les ressentis d’autrui. Cette force empathique peut être un atout relationnel, mais entraîne aussi des débordements émotionnels difficiles à réguler.

HPI

Le Haut Potentiel Intellectuel (HPI) désigne des capacités cognitives supérieures, généralement mesurées par un QI supérieur à 130. L’enfant HPI peut apprendre très vite, faire preuve d’une grande créativité ou d’une pensée complexe. Mais il peut aussi souffrir d’ennui scolaire, de décalage social ou d’hypersensibilité.

Pour mieux accompagner ton enfant avec ce profil, c’est ici : Haut potentiel, surdoué, zèbre, multi-potentiel : comment comprendre et accompagner ton enfant?

Hypersensibilité

L’hypersensibilité désigne une intensité émotionnelle et sensorielle plus élevée que la moyenne. Un enfant hypersensible peut être bouleversé par des bruits, des lumières ou des émotions. Cette particularité peut être une grande force créative et empathique, mais elle demande souvent un environnement rassurant et bienveillant.

A lire : Hypersensibilité : comment aider ton enfant à mieux la vivre ?

Zèbre

Le terme « zèbre » a été popularisé par la psychologue Jeanne Siaud-Facchin pour désigner les personnes à haut potentiel intellectuel (HPI). Elle l’utilise comme une métaphore bienveillante pour éviter le jargon médical et valoriser leur singularité. Ce n’est pas un diagnostic officiel.

Ce qui ne fait pas partie des TND

Tous les troubles dont on parle autour de la neuroatypie ne sont pas forcément des TND.

Et c’est souvent là que les parents se sentent perdus.
Tu entends “mutisme sélectif”, “phobie scolaire”, “troubles anxieux”… et tu te demandes : est-ce que ça fait partie du même tableau ? Pas exactement.
Ces difficultés existent, elles sont réelles, mais elles relèvent d’autres catégories médicales. Pour toi, parent, la frontière paraît floue. Pourtant, comprendre cette nuance, c’est éviter les confusions et mieux cibler l’accompagnement dont ton enfant a besoin.

Mutisme sélectif

Le mutisme sélectif est un trouble anxieux caractérisé par l’incapacité de parler dans certains contextes sociaux (école, activités), alors que l’enfant s’exprime normalement à la maison. Ce silence persistant reflète une anxiété élevée. Classé parmi les troubles anxieux, il ne relève pas des TND.

Pour mieux comprendre ce trouble, c’est ici : Mutisme sélectif : 3 clés pour comprendre et accompagner ton enfant neuroatypique

Phobie scolaire

La phobie scolaire est un trouble anxieux qui entraîne une peur intense et persistante d’aller à l’école. L’enfant peut présenter des crises d’angoisse, des somatisations (maux de ventre, nausées) et un refus scolaire massif. Considérée comme un trouble anxieux, elle n’appartient pas aux TND.

A lire aussi : Phobie scolaire et neuroatypie : comment éviter la spirale du mal-être?

Troubles anxieux

Les troubles anxieux regroupent l’anxiété de séparation, la phobie sociale ou l’anxiété généralisée. Ils se traduisent par une peur excessive et durable, qui perturbe la vie scolaire et familiale. Ils touchent la régulation émotionnelle et appartiennent à la catégorie des troubles psychiatriques.

Trouble de la Personnalité Limite (TPL)

Le TPL est un trouble psychiatrique marqué par une grande instabilité émotionnelle, une peur de l’abandon et une image de soi fragile. Souvent diagnostiqué à l’âge adulte, il peut coexister avec des TND comme le TDAH. Des thérapies spécifiques aident à mieux réguler les émotions.

Pour éviter les confusions, découvre cet article : Différences entre TDAH et TPL (borderline) : comment éviter les erreurs de diagnostic?

Trouble Oppositionnel avec Provocation (TOP)

Le TOP est un trouble du comportement caractérisé par une attitude provocante, hostile et désobéissante envers les figures d’autorité. Il n’appartient pas officiellement aux troubles neurodéveloppementaux (TND), mais peut être associé au TDAH ou à d’autres difficultés, compliquant le quotidien familial et scolaire.

Dispositifs de soutien

PEHP ou « Programme d’Entraînement aux Habiletés Parentales »

Le Programme d’Entraînement aux Habiletés Parentales (PEHP) aide les parents à gérer le comportement de leur enfant. Le plus connu est le Programme Barkley, conçu pour les enfants TDAH. Il propose des stratégies éducatives concrètes pour renforcer les comportements positifs et réduire les comportements problématiques.

Pour en savoir plus sur le programme Barkley : Les 10 commandements de Barkley

Psychoéducation

La psychoéducation associe soutien psychologique et apprentissage de stratégies pratiques. Elle aide l’enfant et sa famille à mieux comprendre un trouble (TDAH, TSA, anxiété) et à développer des solutions concrètes pour le quotidien. Contrairement à la psychothérapie, elle vise l’autonomie et l’éducation plutôt que l’exploration personnelle.

Psychothérapie

La psychothérapie est un traitement psychologique basé sur le dialogue entre un patient et un professionnel formé (psychologue, psychiatre, psychothérapeute). Elle aide à comprendre ses difficultés, à apaiser ses souffrances et à modifier certains comportements ou pensées. Contrairement à la psychoéducation, elle agit en profondeur sur les émotions et l’histoire personnelle.

Thérapies cognitivo-comportementales (TCC)

Les TCC associent deux approches : la thérapie comportementale (modifier les actions problématiques) et la thérapie cognitive (travailler sur les pensées et croyances qui les entretiennent). Chez l’enfant atypique (TDAH, anxiété, phobie scolaire, TOP…), elles apportent des outils pratiques pour gérer les comportements et développer une meilleure estime de soi.

connexion parent enfant

Professionnels et accompagnateurs

Accompagner un enfant neuroatypique, ce n’est pas l’affaire d’une seule personne. C’est souvent toute une équipe qui se mobilise : l’orthophoniste qui aide à apprivoiser les mots, l’ergothérapeute qui trouve des astuces pour gagner en autonomie, le pédopsychiatre qui guide dans les moments difficiles…
Chacun a son rôle, un peu comme les pièces d’un puzzle. Et quand elles s’emboîtent bien, ton enfant se sent enfin compris, soutenu et capable d’avancer pas à pas.

ATSEM ou « Agent Territorial Spécialisé des Écoles Maternelles »

Il assiste les enseignants en maternelle. Il aide les enfants dans leurs activités quotidiennes, assure leur sécurité, et participe à l’animation des activités éducatives.

ESS ou « Équipe de Suivi de Scolarisation »

C’est un groupe de professionnels (enseignants, médecins, AESH, etc.) qui coordonnent le suivi des élèves en situation de handicap. L’ESS assure la mise en place et le suivi des adaptations scolaires nécessaires, favorisant une inclusion réussie.

AESH ou « Accompagnant d’Élève en Situation de Handicap »

Ils fournissent un soutien personnalisé en classe, facilitant leur inclusion scolaire, leur autonomie et leur réussite. Ils adaptent l’enseignement et aident à surmonter les défis liés aux besoins spécifiques de l’enfant.

Pour bénéficier d’un AESH, il faudra présenter plusieurs bilans (neuropsychologue, neuropédiatre, pédiatre, orthophoniste, orthoptiste, psychomotricien, psychologue scolaire, etc.) qui spécifient que c’est indispensable pour ton enfant.

Éducateur spécialisé

L’éducateur spécialisé accompagne les enfants présentant des difficultés sociales, scolaires ou comportementales. Il propose des activités éducatives adaptées, soutient les familles dans leur quotidien et favorise l’inclusion de l’enfant dans son environnement scolaire et social.

Ergothérapeute

L’ergothérapeute est un professionnel de santé qui facilite l’autonomie des personnes en réadaptant leurs activités quotidiennes (travail, loisirs, soins, vie sociale) dans leur environnement. Il propose aides techniques, aménagements et stratégies personnalisées.

Neuropsychologue

Le neuropsychologue est un psychologue spécialisé dans l’analyse des dysfonctionnements cognitifs, émotionnels ou comportementaux liés au cerveau. Il réalise des bilans neuropsychologiques pour orienter les prises en charge et adapter les accompagnements.

Ophtalmologue

L’ophtalmologue est un médecin spécialisé dans la santé des yeux. Il diagnostique et traite les maladies oculaires (myopie, strabisme, glaucome, etc.) et peut prescrire des lunettes, des médicaments ou une chirurgie. Contrairement à l’orthoptiste, il n’assure pas la rééducation mais peut orienter vers elle.

Orthophoniste

Un orthophoniste est un professionnel de santé qui pré-dépiste, évalue et rééduque les troubles du langage oral, écrit, de la voix ou de la déglutition, chez les enfants et les adultes. Il intervient pour améliorer la communication et l’inclusion scolaire ou sociale.

Voici un échange intéressant avec l’orthophoniste de ma fille : Mélina Janssen.

Orthoptiste

L’orthoptiste est un professionnel de santé spécialisé dans la rééducation des troubles de la vision et de la motricité oculaire. Chez l’enfant atypique, il intervient en cas de dyspraxie visuo-spatiale, de difficultés de lecture ou de fatigue visuelle, en complément de l’ophtalmologiste.

Pédiatre

Le pédiatre est un médecin spécialisé dans la santé de l’enfant, de la naissance à l’adolescence. Il assure le suivi global : croissance, développement, alimentation, prévention et dépistage précoce des troubles. Contrairement aux spécialistes (orthophoniste, psychomotricien, pédopsychiatre…), il n’assure pas la rééducation mais oriente vers eux en cas de difficultés.

Pédopsychiatre

Le pédopsychiatre est un médecin spécialisé dans la santé mentale des enfants et adolescents. Il diagnostique les troubles neurodéveloppementaux ou émotionnels et peut prescrire des traitements (thérapies, médicaments), souvent en complément d’interventions psychologiques.

Psychologue

Le psychologue aide ton enfant à comprendre ses émotions, ses difficultés et son fonctionnement, à travers des entretiens, des jeux ou des mises en situation. Il peut proposer des outils pour gérer le stress, renforcer l’estime de soi ou améliorer les relations.

Psychomotricien

Un psychomotricien intervient auprès des personnes présentant des troubles psychomoteurs, en évaluant et en rééduquant les fonctions motrices, sensorielles, psychologiques et émotionnelles. Il utilise des activités corporelles adaptées pour restaurer la coordination et l’équilibre corporel.

Psychopédagogue

Un psychopédagogue accompagne les enfants présentant des difficultés d’apprentissage en les aidant à comprendre leur façon d’apprendre et à développer des stratégies adaptées. Il intervient sur la méthodologie, la confiance en soi et la relation aux apprentissages, sans poser de diagnostic médical.

Tu peux en découvrir plus sur ce métier dans cet article : Psychopédagogue : le professionnel méconnu qui peut transformer la vie scolaire de ton enfant

Administratif et dispositifs officiels

Quand on arrive dans l’univers administratif, c’est un peu comme si on changeait de planète. Des sigles partout, des formulaires à remplir, des commissions aux noms interminables.
Mais derrière ces mots froids, il y a une réalité très concrète pour les familles.

Ces dispositifs peuvent paraître lourds à comprendre, mais ils ouvrent des portes essentielles : une aide financière qui soulage un budget, une orientation qui redonne de l’air à des parents à bout de souffle.
Ils ne sont pas là pour compliquer la vie, mais pour donner des leviers concrets afin d’accompagner ton enfant et de l’aider à trouver sa place.

AEEH ou « Allocation d’Education de l’Enfant Handicapé »

C’est une aide financière destinée à compenser vos dépenses liées à la situation de handicap de votre enfant de moins de 20 ans. L’AEEH est versée aux parents. Le montant de l’AEEH est de 149,26 € et elle peut être complétée, dans certains cas, par d’autres allocations. Pour tout savoir sur l’AEEH, c’est ici.

AJPP ou « Allocation Journalière de Présence Parentale »

C’est une aide financière permettant aux parents de s’occuper de leur enfant gravement malade, accidenté ou handicapé. Le montant de l’AJPP par journée est de 64,44 €. Toutes les informations ici.

APEH ou « Allocation aux Parents d’Enfants Handicapés »

C’est une prestation qui s’adresse aux parents d’enfants de moins de 20 ans dont le taux d’incapacité est de  50 % ou plus et qui perçoivent l’allocation d’éducation de l’enfant handicapé (AEEH). Voici le texte qui régit cette allocation.

CDAPH ou « Commission des Droits et de l’Autonomie des Personnes Handicapées »

C’est un organisme qui décide des aides et des droits pour les personnes handicapées. Elle évalue les besoins et attribue des prestations, des allocations et des mesures de soutien pour favoriser leur autonomie et leur inclusion dans la société.

CMPP ou Centre Médico-Psycho-Pédagogique

Ils proposent un suivi et accompagnement des enfants et adolescents de 0 à 20 ans qui éprouvent des difficultés d’apprentissage, des troubles psychomoteurs, du langage ou des troubles du comportement. Pour un enfant neuroatypique, le CMPP propose un soutien pluridisciplinaire adapté, facilitant leur développement et leur intégration scolaire et sociale. Voici l’annuaire des CMPP.

MDPH ou « Maison Départementale des Personnes Handicapées »

La MDPH évalue et reconnaît les besoins des personnes handicapées. Pour un enfant neuroatypique, elle octroie des aides, des services et des prestations spécifiques, favorisant leur inclusion, leur éducation et leur bien-être global. Cet article t’explique tout sur la MDPH.

PCH ou « Prestation de Compensation du Handicap »

PCH est une aide financière destinée aux personnes en situation de handicap. Elle couvre les besoins liés à la perte d’autonomie, comme les aides humaines, techniques, ou l’aménagement du logement, pour améliorer leur qualité de vie et faciliter leur indépendance. Tous les détails ici.

WISC ou « Wechsler Intelligence Scale for Children »

WISC est un test de quotient intellectuel développé en 1949 par David Wechsler pour les enfants de 6 ans à 16 ans et 11 mois. Il mesure différentes compétences comme la compréhension verbale, le raisonnement perceptif et la mémoire de travail. Utilisé pour identifier les forces et les faiblesses, il aide à adapter l’enseignement aux besoins de l’enfant.

Scolarité et inclusion

Derrière chaque sigle scolaire se cache une histoire d’enfant.
C’est cette maman qui me racontait les devoirs devenus plus fluides grâce à un PAP, ou ce papa soulagé de voir son fils enfin soutenu par une AESH en classe.
Ces dispositifs ne sont pas que des mots administratifs : ils sont des tremplins pour redonner confiance, ouvrir des portes et éviter que ton enfant ne se sente laissé de côté.

GEVASCO ou « Guide d’Évaluation des Besoins de Compensation en matière de Scolarisation »

Le Guide d’Évaluation des Besoins de Compensation en matière de Scolarisation (GEVASCO) identifie les adaptations nécessaires pour un élève en situation de handicap. Il permet d’élaborer un Projet Personnalisé de Scolarisation (PPS) et d’assurer une scolarité inclusive grâce à des aides adaptées et coordonnées. Cet article t’explique tout sur le GEVASCO.

PAP ou « Plan d’Accompagnement Personnalisé »

Le Plan d’Accompagnement Personnalisé (PAP) s’adresse aux élèves ayant des besoins éducatifs particuliers. Il propose des aménagements pédagogiques (temps supplémentaire, supports adaptés) pour leur permettre de suivre leur scolarité dans de bonnes conditions. Mis en place par l’école, il facilite leur réussite scolaire. Le texte complet sur le PAP ici.

PCO ou « Plateforme de Coordination et d’Orientation »

La Plateforme de Coordination et d’Orientation (PCO) s’adresse aux enfants de moins de 6 ans présentant un développement atypique. Elle réunit médecins et rééducateurs (orthophonistes, psychomotriciens…) afin d’agir rapidement. Sur prescription médicale, elle coordonne les bilans et favorise une intervention précoce. Tout sur le PCO ici.

Retrouve dans ce lien la Carte des plateformes de coordination et d’orientation (PCO).

PPS ou « Projet Personnalisé de Scolarisation »

Le Projet Personnalisé de Scolarisation (PPS) organise les aides nécessaires pour un élève en situation de handicap. Il formalise les aménagements scolaires (ex. AESH) et assure une scolarité adaptée. Objectif : favoriser l’inclusion et la réussite de l’enfant malgré ses besoins spécifiques.

PAP, PPS, PAI : Lequel correspond au besoin de ton enfant ?

Dispositif Pour qui ? Qui le met en place ? Avantage principal
PAP Apprentissages Plan d’accompagnement personnalisé Enfants avec troubles des apprentissages (troubles DYS, TDAH…), quand il faut surtout des aménagements pédagogiques (sans aide humaine type AESH). L’école (équipe éducative / chef d’établissement), avec avis médical (médecin scolaire ou médecin de l’enfant). Rapide et sans MDPH : on adapte la façon d’enseigner, tout de suite.
PPS Compensation Projet personnalisé de scolarisation Enfants avec handicap reconnu nécessitant une compensation (AESH, matériel, adaptations officielles). MDPH (décision CDAPH), avec coordination et suivi par l’enseignant référent. Ouvre des droits : AESH, matériel (ex. ordinateur) et cadre officiel.
PAI Santé Projet d’accueil individualisé Enfants avec maladie chronique ou allergies (asthme, diabète, épilepsie, allergies alimentaires…). Le médecin (traitant et/ou scolaire) + l’école. Sécurise les soins et les urgences à l’école (protocole clair).

Repère simple : PAP = PédagogiePPS = MoyensPAI = Santé

SEGPA ou « Section d’Enseignement Général et Professionnel Adapté »

La Section d’Enseignement Général et Professionnel Adapté (SEGPA) accueille des élèves présentant de grandes difficultés scolaires persistantes, sans trouble cognitif majeur. Elle propose un enseignement en petits groupes, axé sur la pratique et la préparation professionnelle, pour favoriser la réussite et l’insertion future.

ULIS ou « Unité Localisée pour l’Inclusion Scolaire »

L’Unité Localisée pour l’Inclusion Scolaire (ULIS) est un dispositif intégré à l’école ordinaire pour les élèves en situation de handicap (TSA, TDAH, DYS, déficience sensorielle, etc.). Elle offre un enseignement adapté et un accompagnement spécialisé, tout en favorisant la participation aux cours avec les autres élèves. Dans ce texte les liste des handicaps où les ULIS apportent une réponse cohérente.

Pour mieux comprendre ULIS/SEGPA, c’est ici : Différences entre ULIS et SEGPA : comment savoir ce qui convient à ton enfant ?

Conclusion

Quand on est parent d’un enfant neuroatypique, on a parfois l’impression d’apprendre une nouvelle langue sur le tas. Des sigles partout, des mots compliqués, des rendez-vous qui s’enchaînent… et cette sensation de devoir comprendre vite, très vite.

Mais la vérité, c’est que tu n’as pas besoin de tout savoir d’un coup.

Comprendre ces mots, c’est surtout te redonner de la clarté. Te permettre de poser les bonnes questions. De faire des choix plus sereins pour ton enfant, sans te sentir dépassé ou illégitime.

Ce lexique n’est pas là pour te transformer en expert, mais pour t’aider à reprendre confiance. À remettre de l’air là où il y avait de la confusion. À te rappeler que derrière chaque acronyme, il y a avant tout un enfant, avec ses forces, son rythme et son potentiel.

Avance pas à pas. Fais-toi confiance. Et n’oublie jamais une chose essentielle :
ton enfant n’est pas défini par des sigles, mais par ce qu’il est profondément.

Et ça, aucun lexique ne pourra jamais le résumer.

Retrouve mes autres conseils sur ma chaine Youtube.

Cet article a été utile pour toi? N’oublie surtout pas de récupérer ton KIT DE SURVIE. Il s’agit de 30 pages pour encore mieux comprendre ton enfant neuroatypique et le soutenir de manière adaptée pour révéler tout son potentiel.

Commentaires

  1. Magdalena

    aaaah enfin une traduction de toutes ces abréviations qui me dépassent complètement mais que j’entends pourtant régulièrement via l’école ou même mon activité ! Merci pour cet article qui éclaire mes lanternes !

  2. Stephanie Estèves

    Bonjour, merci bcp pour cette publication éclairante et synthétique. En plus il y a les liens vers des sites clefs en fonction de l’abréviation. J’adore !

  3. Laura

    Hello Elise ! Cet article est une pépite, et qui serait utile aussi à tout jeune enseignant qui arrive à l’éducation nationale et peut se noyer dans toute cette multitude de sigles ! Je parle d’expérience haha 😉

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