Comment être une bonne mère quand ton enfant est neuroatypique?
Longtemps, j’ai cru que je n’étais pas la bonne mère pour ma fille Melyssa.
J’avais une carrière prenante, un poste à responsabilités, et j’arrivais souvent à la maison vidée de mon énergie. Les devoirs, le rythme infernal du quotidien et les besoins spécifiques de ma fille me donnaient l’impression de courir un marathon chaque jour.
Dans mon miroir mental, je voyais surtout mes ratés : mes colères, mes oublis, mes soupirs. Et quand je voyais les autres mamans arriver pimpantes aux kermesses, brushing parfait et sourire éclatant, j’avais l’impression d’être Florence Foresti dans son sketch sur les mères débordées.
Et puis, un jour, il y a eu ce déclic. J’ai découvert que l’optimisme pouvait être ma bouée de sauvetage. Pas le sourire forcé, mais un état d’esprit qui me permet de regarder les choses autrement.
J’ai compris que « comment être une bonne mère » ne voulait pas dire être parfaite, mais être un miroir positif pour ma fille. Lui montrer que l’on peut être fatiguée, imparfaite, et pourtant avancer avec courage et joie.
Aujourd’hui, je te partage ce que j’ai appris : des clés concrètes pour t’alléger, créer une vraie connexion avec ton enfant et devenir la mère dont il a besoin, pas celle que la société exige.
Déconstruire le mythe de la mère parfaite
Les injonctions sociales qui épuisent les mamans
Si tu tapes “comment être une bonne mère” sur Google, tu vas tomber sur des listes sans fin : être patiente, à l’écoute, cuisiner bio, stimuler l’enfant sans le surcharger, gérer les écrans, faire des activités Montessori le week-end, tout en gardant une maison instagrammable.
Résultat : tu te retrouves avec une check-list impossible à cocher.
J’ai longtemps cru qu’une “bonne mère” devait tout gérer avec le sourire. Et plus je m’efforçais de cocher les cases, plus je me sentais coupable.
Quand la perfection devient impossible avec un enfant neuroatypique
Avec un enfant neuroatypique, ce mythe devient encore plus lourd.
Les crises, les devoirs qui durent une heure pour trois lignes, les rendez-vous orthophoniste ou pédopsy… tout ça vient bousculer le scénario de la mère parfaite.
Je me souviens d’un soir où Melyssa a explosé en larmes devant un exercice de maths. J’avais déjà passé dix heures au travail, j’étais épuisée, et au lieu de l’aider, j’ai crié.
Sur le moment, je me suis dit : “Voilà, tu es la pire mère du monde.” Mais en réalité, ce moment m’a appris que ma fatigue comptait autant que ses devoirs.
Mettre la relation au cœur de ta parentalité
Développer ta sensibilité maternelle pour mieux comprendre ton enfant
Ce que les chercheurs appellent “sensibilité maternelle”, c’est ta capacité à décoder les signaux de ton enfant et à y répondre de manière adaptée.
Avec un enfant neuroatypique, ces signaux peuvent être déroutants : un cri pour dire “je suis fatigué”, un refus pour dire “je suis dépassé”.
J’ai mis du temps à comprendre que les crises de Melyssa n’étaient pas dirigées contre moi, mais contre ce qu’elle vivait intérieurement.
Plus je prenais le temps d’observer, d’écouter sans juger, plus je devenais capable d’anticiper. Un jour, avant un contrôle d’histoire, j’ai vu son pied qui tapotait frénétiquement sous la table. J’ai posé ma main sur son épaule et dit : “Tu stresses, hein ? On fait deux minutes de respiration avant d’y aller ?” Résultat : pas de crise ce matin-là.
Créer une vraie connexion émotionnelle au quotidien
Être une bonne mère, ce n’est pas remplir ton agenda d’activités pédagogiques.
C’est créer un espace où ton enfant se sent compris. Quand elle avait 8 ans, j’avais instauré avec Melyssa un petit rituel du soir : juste avant qu’elle dorme, je lui demande “la meilleure chose de ta journée” et “la plus difficile”.
Parfois, c’est une victoire minuscule (“j’ai fini mon dessin”) ou un gros chagrin (“personne ne voulait jouer avec moi”). Ces moments de partage étaient notre pont secret, même dans les périodes de tensions. Ils ne prennent que cinq minutes, mais ils nourrissent sa sécurité intérieure.
Je t’aide avec d’autres idées de rituels : Lien parent-enfant : 7 rituels puissants pour une relation solide

Encourager l’autonomie sans tomber dans le surcontrôle
Avec un enfant neuroatypique, la tentation est grande de tout faire à sa place pour éviter les drames. Mais chaque petit pas gagné compte.
Soutenir l’autonomie, c’est l’encourager sans sur-contrôler.
Quand Melyssa avait du mal à ranger sa chambre, j’ai commencé par lui donner une seule consigne : “Rassemble juste les livres.” Ensuite, on célébrait ensemble avant de passer à l’étape suivante. Cette approche par petites victoires change tout : ton enfant se sent compétent, toi tu restes plus zen.
Revenir à l’essentiel, c’est ça : moins de performance, plus de lien. Ton enfant n’a pas besoin que tu sois une super-héroïne, il a besoin que tu sois son repère, son port d’attache, celle qui le voit tel qu’il est – avec ses forces et ses fragilités.
A lire aussi : Enfant neuroatypique : 3 stratégies pour cultiver son autonomie avec bienveillance

Mettre en place un quotidien apaisant et prévisible
Organiser la semaine familiale sans étouffer ton enfant
Un enfant neuroatypique adore savoir ce qui va se passer.
Mais attention : trop de rigidité peut vite le mettre sous pression.
Chez nous, on a affiché sur le frigo un emploi du temps de la semaine avec les moments clés de la journée à la maison : lever, repas, devoirs, temps d’écran, coucher.
Ce n’est pas un agenda militaire, c’est un repère visuel qui l’aide à se sentir en sécurité. J’ai aussi fixé des temps d’écran clairs pour les jours d’école, mais j’ai appris à rester flexible : si Melyssa a besoin de bouger, un Just Dance de 10 minutes peut se transformer en pause “défouloir”.
Et parfois, un quiz sur YouTube avant de se mettre aux devoirs la met dans le bon état d’esprit pour apprendre.
Cette structure, avec une touche de souplesse, évite la majorité des crises. Melyssa sait à quoi s’attendre, mais sent aussi que ses besoins du moment sont respectés.
Apprendre à déléguer et demander de l’aide sans culpabiliser
J’ai mis des années à comprendre que demander de l’aide ne me rendait pas moins mère.
Un jour, complètement épuisée, j’ai laissé Melyssa à sa grand-mère et je suis allée dormir chez une amie réconfortante, pour couper le quotidien. On a discuté avec une infusion brûlante et une série girlie.
Cette heure m’a sauvée. Déléguer peut vouloir dire confier les devoirs un soir à ton conjoint, accepter qu’une grand-mère gère le mercredi, ou faire appel à un professionnel (orthophoniste, éducateur) pour relayer certains apprentissages. Cela ne te remplace pas : ça te ressource.
Prendre soin de toi pour rester une maman présente et sereine
C’est la partie que j’ai longtemps négligée.
Je pensais que m’occuper de moi était égoïste. Faux.
Ton énergie, c’est le carburant de toute la famille.
Aujourd’hui, j’ai mes petits rituels : un bon cappuccino le matin, un podcast qui me fait sourire en voiture, une bonne douche en musique, etc. Rien de spectaculaire, mais ça change tout.
Le jour où j’ai recommencé à rire plus souvent, Melyssa l’a remarqué : “Maman, tu es plus joyeuse ces temps-ci.” Et là, j’ai su que j’étais sur la bonne voie.
Construire un quotidien qui te soutient, c’est un choix. Ce n’est pas rajouter des obligations, c’est simplifier, alléger, mettre des garde-fous pour éviter de tomber dans l’épuisement. Ton enfant a besoin de toi présente, pas de toi en mode survie.
D’autres idées pour mieux prendre soin de toi : 50 façons de prendre soin de soi

Changer ton état d’esprit face aux défis
Remplacer le regard sur les faiblesses par la valorisation des forces
Quand on a un enfant neuroatypique, on entend souvent parler de ses “difficultés” : déficit d’attention, dyspraxie, lenteur… J’ai longtemps vu Melyssa à travers ces étiquettes.
Jusqu’au jour où sa maitresse m’a dit : “Vous avez remarqué comme elle a une mémoire visuelle exceptionnelle ?”
Ce jour-là, j’ai commencé à lister ses talents : son humour, sa créativité débordante, sa capacité à inventer des histoires. Et ça a changé notre quotidien.
Quand je valorise ses forces, elle se sent compétente. Elle se redresse, elle ose. Regarder les talents en premier, c’est comme allumer la lumière dans une pièce sombre.
Changer de regard commence par découvrir leurs super-pouvoirs : Les 10 super-pouvoirs des enfants neuroatypiques
Considérer les crises comme des messages et non comme des échecs
Avant, chaque crise me paraissait un échec.
Je me disais “si j’étais une bonne mère, elle ne se roulerait pas par terre”.
Mais les crises font partie de son développement émotionnel. Elles sont souvent son seul moyen d’exprimer un trop-plein. Le jour où j’ai arrêté de voir les colères comme un drame et que j’ai commencé à les voir comme un message, ma posture a changé.
Un soir, après une grosse dispute, je me suis assise près d’elle en silence. Elle a fini par souffler : “Je suis fatiguée de me sentir nulle.” Si j’avais crié, j’aurais raté ce moment de vérité.
A lire aussi : Comment gérer les crises d’angoisse chez les enfants atypiques? 3 stratégies indispensables
Célébrer chaque petite victoire pour nourrir la confiance mutuelle
Les progrès ne se mesurent pas en bulletins scolaires mais en micro-moments.
La première fois que Melyssa a fait ses devoirs sans crise, j’ai failli sortir le champagne. C’était “juste” deux exercices de maths, mais pour nous, c’était énorme.
Depuis, je célèbre les petites victoires : un mot gentil, un effort de concentration, une sortie sans débordement.
Ajuster ton mindset, c’est passer de “qu’est-ce qui ne va pas chez mon enfant” à “comment je peux l’aider à utiliser ses forces pour avancer”. C’est un entraînement mental, pas une transformation du jour au lendemain. Mais chaque jour où tu choisis de voir le positif, tu montres à ton enfant qu’il a le droit d’être imparfait… et qu’il est aimé tel qu’il est.
Redéfinir ce que signifie être une “bonne mère”
Inventer ta propre version de la maternité qui te ressemble
Être une « bonne mère » ne se résume pas à suivre les manuels de parentalité ou les posts parfaits d’Instagram.
J’ai dû désapprendre beaucoup de choses : arrêter de me comparer, cesser de courir après un idéal qui ne me ressemblait pas.
Aujourd’hui, j’ai ma propre définition : être une mère qui accompagne, pas qui contrôle ; qui encourage, pas qui critique. Ce que j’ai remarqué, c’est que plus j’assume ma façon de faire, plus Melyssa se sent en sécurité.
Retrouve mes réflexions sur la parentalité qui me ressemble sur mon compte Instagram OptimismeCool.
Adopter le concept de la mère “suffisamment bonne” de Winnicott
Le psychanalyste Donald Winnicott parlait de la « mère suffisamment bonne » : celle qui ne cherche pas la perfection, mais qui répond aux besoins essentiels de l’enfant. Ça m’a libérée.
Parce qu’une mère “assez bonne” peut se tromper, perdre patience, et revenir ensuite réparer le lien. J’ai arrêté de me dire “je dois être parfaite”, et j’ai commencé à dire “je fais de mon mieux, et c’est déjà beaucoup”.
Ton enfant n’a pas besoin d’une version idéalisée de toi, il a besoin d’une mère vraie, avec ses forces et ses faiblesses, qui sait dire pardon après une colère et qui montre qu’on peut apprendre ensemble.
Briser le mythe, c’est aussi se libérer du regard des autres.
Quand j’ai arrêté de me comparer aux mamans “pimpantes” de la cour d’école, j’ai commencé à respirer. Être une bonne mère, c’est trouver un équilibre : aimer ton enfant sans t’oublier. Et surtout, lui montrer qu’on peut traverser les tempêtes de la vie sans se perdre.
Être un modèle de confiance et de résilience pour ton enfant
Ton rôle, ce n’est pas seulement de nourrir et protéger ton enfant, c’est aussi de lui transmettre une vision du monde. Aujourd’hui, je veux que Melyssa voie une mère qui tombe parfois, mais qui se relève.
Une mère qui croit en elle et qui croit en sa fille. Quand je célèbre ses efforts, que je lui dis “tu es capable”, je plante en elle des graines de confiance qui vont fleurir bien après son enfance.
Réinventer ton rôle de mère, c’est accepter que tu n’es pas là pour faire plaisir aux autres, mais pour construire avec ton enfant une relation solide, unique, qui vous ressemble. Et c’est ce qui fait de toi une « bonne mère », bien plus qu’une liste de cases à cocher.
Pour en savoir plus sur notre histoire : De l’impuissance à l’optimisme avec OptimismeCool : comment tout a commencé?
FAQ : Comment être une bonne mère avec un enfant neuroatypique
Comment être une bonne mère sans être parfaite ?
Comment gérer les crises émotionnelles de mon enfant ?
Comment ne plus culpabiliser d’être une mère imparfaite ?
Comment trouver du temps pour moi sans négliger mon enfant ?
Conclusion
Être une bonne mère n’a rien à voir avec la perfection. Si tu as lu jusqu’ici, tu sais maintenant que ce n’est pas la check-list des réseaux sociaux qui définit ton rôle, mais le lien unique que tu construis avec ton enfant. J’ai longtemps cru que je devais tout faire parfaitement : les repas équilibrés, les devoirs sans accroc, les kermesses avec sourire impeccable.
Et puis, j’ai compris que l’essentiel était ailleurs : dans les moments d’écoute, les rituels qui rassurent, les crises qui nous apprennent à grandir ensemble, les rires partagés qui soudent notre relation.
Avec un enfant neuroatypique, chaque jour est un terrain d’apprentissage. Oui, il y a de la fatigue, des larmes et des doutes. Mais il y a aussi des victoires discrètes, des progrès qui valent tout l’or du monde et des instants qui forgent la confiance.
Être une « bonne mère », c’est t’autoriser à être humaine, à tomber et à te relever, à montrer à ton enfant que la force se trouve dans le mouvement, pas dans la perfection.
« Être une bonne mère, c’est aimer assez fort pour poser des limites, être assez humble pour demander pardon et assez confiante pour montrer que l’imperfection est un chemin, pas un échec. »
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