ce qu'il faut éviter avec un autiste

Ce qu’il ne faut pas faire avec un enfant autiste : 10 erreurs à éviter absolument

Découvrir l’autisme, c’est un peu comme atterrir dans un pays dont tu ne connais ni la langue, ni les codes, ni les coutumes. Tout te semble familier et étranger à la fois. Les paysages ressemblent aux tiens, mais la façon de s’y déplacer, de communiquer, d’interagir, suit d’autres règles. Et comme dans tout voyage, il y a des interdits à respecter, des maladresses à éviter, sous peine de blesser sans le vouloir.

Ce pays n’a pas une seule carte. Il existe autant de réalités que de personnes autistes. Pour certains, les sons sont des tempêtes, pour d’autres, les changements sont des tremblements de terre. Ici, un geste qui apaise peut être incompris ailleurs. L’erreur, c’est de penser qu’il existe une méthode unique, une recette valable pour tous.

Mais si tu prends le temps de t’arrêter, d’observer sans juger, d’ajuster tes gestes et tes mots, alors ce monde s’ouvre. Tu découvres une richesse insoupçonnée : une perception singulière de notre réalité, des passions intenses, une sincérité brute, un regard qui interroge nos certitudes.

Accompagner un enfant autiste, ce n’est pas imposer tes règles. C’est apprendre les siennes, et avancer côte à côte dans ce voyage unique.

Les erreurs liées à l’environnement

Quand on parle d’autisme, on pense souvent à la communication ou aux apprentissages.

Pourtant, l’environnement joue un rôle énorme. Et c’est parfois dans les détails du quotidien que se glissent les plus grandes erreurs.

Quand l’enfant autiste est submergé par les sens

Imagine que tu entres dans une grande surface un samedi après-midi.

Lumières vives, musique de fond, annonces au micro, chariots qui grincent. Toi, tu trouves ça juste un peu fatigant. Ton enfant, lui, peut le vivre comme une agression.

Son cerveau capte chaque bruit, chaque odeur, chaque lumière en même temps. Impossible de filtrer. Résultat : l’angoisse monte, et parfois ça explose.

L’erreur, c’est de croire que “ça passera”, qu’il doit s’habituer. Non, ce n’est pas une question de volonté. Son système sensoriel ne fonctionne pas comme le tien. Et attention à ne pas tomber dans l’autre extrême : penser qu’un casque anti-bruit ou une solution miracle va marcher pour tous.

Chaque enfant a son profil. Certains ont besoin de réduire les stimulations, d’autres vont au contraire les rechercher.

Ce qu’il faut, c’est observer, tester, adapter. Créer un coin calme, choisir des vêtements agréables, prévoir des lunettes de soleil, couper les étiquettes qui grattent. Bref, ajuster l’environnement pour qu’il soit vivable.

Cette étude de Mallaury Courtney montre comment les stimulations de l’environnement affectent grandement la participation des élèves autistes.

La routine bousculée : un changement qui déstabilise

Une autre erreur fréquente, c’est de sous-estimer l’importance des routines.

Une étude sur des enfants présentant des troubles du neurodéveloppement — dont l’autisme — montre que des routines régulières sont liées à moins de comportements difficiles et, dans certains cas, à moins de stress parental.

Pour toi, changer le menu du petit-déjeuner ou inverser l’ordre des activités, ce n’est qu’un détail. Pour beaucoup d’enfants autistes, c’est tout un équilibre qui vacille. La routine, c’est souvent leur boussole intérieure : elle leur donne des repères, une sécurité, une prévisibilité qui apaisent leur anxiété.

Mais attention : l’autisme est un spectre. Certains enfants ont besoin d’une régularité presque absolue pour se sentir en confiance, quand d’autres — parfois grâce à des accompagnements adaptés ou à leur propre profil plus flexible — peuvent tolérer et même apprécier une certaine dose de nouveauté.

Il ne s’agit donc pas de figer la vie dans un emploi du temps rigide, mais de trouver le bon dosage pour chaque enfant.

Les transitions, en revanche, gagnent toujours à être anticipées et préparées. Un pictogramme, un minuteur, une phrase simple dite à l’avance suffisent souvent à rendre l’inconnu plus acceptable. Et si tu veux introduire du changement, mieux vaut le faire progressivement, avec délicatesse.

C’est un peu comme apprendre à nager : certains plongent d’un coup, d’autres ont besoin d’entrer doucement, marche après marche. L’essentiel, c’est de respecter leur rythme pour qu’ils avancent sans se sentir submergés.

Pourquoi le désordre devient source d’angoisse

Enfin, parlons du désordre. Beaucoup de parents pensent bien faire en rangeant à la place de leur enfant. Mais si, en revenant, il retrouve ses jouets déplacés, ses objets alignés différemment, c’est pour lui comme si on avait effacé une carte précieuse.

L’ordre, chez un enfant autiste, ce n’est pas toujours le tien. Une rangée de voitures par couleur, des livres triés par taille… À tes yeux, ça n’a pas de sens. Pour lui, c’est un repère vital. Déplacer, mélanger ou imposer ton propre rangement, c’est le plonger dans le chaos.

La solution est simple : ranger avec lui, pas à sa place. Lui demander où il veut mettre ses affaires, respecter sa logique. Parce que son organisation est peut-être différente, mais elle est cohérente pour lui. Et c’est cette cohérence qui le rassure.

Adapter l’environnement, c’est déjà enlever une bonne part de stress.

Mais même dans un cadre apaisé, un enfant autiste peut souffrir… non pas de ce qui l’entoure, mais de la façon dont ses parents réagissent. Et c’est là que d’autres erreurs se glissent, souvent malgré toute la bonne volonté du monde. Parce qu’on veut “bien faire”, on punit, on compare, on contrôle.

Et pourtant, ce sont exactement ces gestes-là qui brisent la confiance et alimentent les crises.

En parlant de désordre, je t’invite à lire cet article qui pourrait bien changer ton quotidien : Rangement et psychologie : comment un intérieur organisé et rangé transforme le quotidien des enfants neuroatypiques

Les comportements parentaux à éviter

Punir des gestes typiques : une fausse solution

Imagine un enfant qui bat des mains parce qu’il est stressé, ou qui se balance d’avant en arrière pour se calmer. À tes yeux, cela ressemble peut-être à une agitation inutile ou à une provocation.

Mais pour lui, c’est un moyen de garder l’équilibre intérieur, un peu comme quelqu’un qui respire profondément avant un examen.

L’erreur serait de punir ces gestes, de les interrompre brutalement. Punir le stimming, c’est comme arracher la bouée de quelqu’un qui se noie : tu lui retires son outil pour rester à flot.

Une autre erreur fréquente : isoler systématiquement l’enfant dès qu’il crie ou lui donner un écran pour “apaiser la crise”.

Cela soulage sur le moment mais envoie le message : “Si je me mets en colère, j’obtiens ce que je veux.” Résultat, le comportement se renforce.

La meilleure approche ? Observer sans juger. Si ce n’est pas dangereux, on laisse.

Si ça gêne, on propose une alternative (un fidget, un coin calme, un geste de substitution). Et surtout, on cherche le sens : chaque comportement raconte quelque chose. Derrière une agitation, il y a souvent un besoin non exprimé.

enfant autiste

Comparer et juger : des mots qui blessent

“Regarde ta sœur, elle y arrive, pourquoi pas toi ?” — combien de parents ont laissé échapper cette phrase, persuadés de stimuler leur enfant. En réalité, ces comparaisons ne motivent pas, elles écrasent. Pour un enfant autiste, elles sonnent comme une condamnation : “Tu n’es jamais assez bien.”

C’est un peu comme demander à un poisson de grimper à un arbre. Le poisson ne devient pas plus fort, il se sent juste plus nul.

Les jugements négatifs — “paresseux”, “capricieux”, “égoïste” — collent à la peau comme des étiquettes. Et une fois collées, elles sont difficiles à décoller.

Au lieu de juger, il vaut mieux valoriser les efforts, même petits. Un enfant qui reste concentré dix minutes sur une activité difficile mérite un vrai “bravo”, pas un rappel de ce qu’il n’a pas encore accompli. L’encouragement nourrit l’estime de soi, là où la comparaison l’assèche.

Alors oui, c’est dur dans le feu de l’action, surtout quand la fatigue et la frustration s’accumulent. Mais avant de juger, il faut se poser une question : ce comportement est-il vraiment volontaire, ou cache-t-il une peur, une anxiété, une incompréhension ? Derrière une colère ou un refus, il y a souvent un besoin non entendu.

Vouloir tout contrôler ou tout faire à leur place

Beaucoup de parents tombent dans ce piège : vouloir protéger à tout prix. Alors on contrôle tout, on décide de tout, on agit à leur place pour “gagner du temps”.

Sur le moment, ça paraît plus simple. Mais à long terme, c’est comme construire une cage dorée : sécurisante, mais qui empêche l’enfant d’apprendre à voler.

Mettre ses chaussures seul, même si elles sont à l’envers, est une victoire plus précieuse qu’un laçage parfait fait par un adulte. L’autonomie, ça ne s’enseigne pas par la démonstration seule, mais par l’expérience. Et oui, cela prend plus de temps, et parfois les parents doivent accepter le désordre, les erreurs, les maladresses.

Accompagner, ce n’est pas remplacer. C’est guider pas à pas, proposer de l’aide sans l’imposer, encourager à réessayer après un échec. C’est comme apprendre à faire du vélo : au début on tient fermement, puis on lâche doucement, jusqu’à ce que l’enfant trouve son équilibre.

Chaque geste gagné par lui-même, aussi minuscule soit-il, est un pas vers la confiance. Et ce pas vaut mille victoires rapides obtenues à sa place.

Les maladresses de communication

Le langage abstrait : incompréhensions garanties

Un parent dit à son enfant : “Allez, fais un effort, tu vois bien que ça ne se fait pas !” Dans sa tête, tout est clair. Mais pour l’enfant autiste, c’est un vrai casse-tête.

Que veut dire “un effort” ? Qu’est-ce que “ça” ? Pourquoi “ça ne se fait pas” ? Ces phrases pleines de sous-entendus laissent plus de zones d’ombre que de réponses.

L’erreur, c’est de parler comme on le ferait avec un adulte neurotypique et de croire que l’enfant “va finir par comprendre”.

Les métaphores, l’ironie, le sarcasme, les expressions imagées sont comme des énigmes à décoder… et souvent, elles tombent à plat.

Un enfant autiste a besoin de clarté. Pas de longs discours, mais des phrases simples et concrètes.

Pas de “arrête de faire ça”, mais “pose ton jouet sur la table”. Pas de “sois sage”, mais “reste assis deux minutes”. C’est direct, précis, sécurisant.

La vérité, c’est que parler clair n’est pas seulement utile pour eux : ça simplifie aussi la vie des parents.

En matière de communication, voici les autres erreurs à éviter : Communiquer avec son enfant atypique : 10 erreurs à éviter

Le piège du “small talk” avec un enfant autiste

Les conversations superficielles — météo, banalités, bavardages pour meubler — sont une spécialité des adultes. Mais pour beaucoup d’enfants autistes, c’est une torture silencieuse.

Ils ne voient pas l’intérêt de ces échanges vides, et souvent, ils ne savent pas quoi répondre.

L’erreur, c’est d’insister : “Réponds quand on te parle !” ou “Tu dois dire quelque chose !”

Le bavardage forcé est vécu comme une contrainte inutile, parfois même comme une humiliation.

Mieux vaut respecter leur manière d’entrer en relation. Un enfant autiste sera bien plus loquace si tu touches à ses centres d’intérêt. Parle-lui de planètes, de dinosaures, de trains, de codes ou de ce qui le passionne… et là, tu verras ses yeux s’illuminer.

La communication n’a pas besoin d’être conventionnelle pour être riche. Elle doit simplement avoir du sens.

Les pictogrammes mal utilisés : pourquoi ça bloque

Un parent montre un pictogramme “verre d’eau” et se décourage : “Ça ne marche pas, il ne l’utilise pas.” Un éducateur donne un casque anti-bruit et l’enfant le jette : “Avec l’autre, ça fonctionnait !” Voilà une autre erreur fréquente : croire qu’un outil marche de la même façon pour tous.

Le PECS, les pictogrammes, les applications ou les supports sensoriels ne sont pas des baguettes magiques. Ils demandent un apprentissage progressif, une adaptation au profil de l’enfant, et surtout une cohérence dans leur utilisation.

Un pictogramme, par exemple, n’est pas “le langage des autistes”. C’est un support visuel qui doit être introduit avec méthode : un seul picto au départ, lié à quelque chose d’agréable, puis progressivement élargi. Sinon, cela reste une image vide.

La clé, c’est de partir de ses besoins réels, pas d’un outil à la mode. Un enfant peut aimer le bruit régulier d’un ventilateur et détester le silence du casque. Ce n’est pas une contradiction, c’est juste sa manière unique de gérer le monde.

Les erreurs éducatives et scolaires

Enseigner “comme aux autres” : une approche vouée à l’échec

Beaucoup d’enseignants — et parfois de parents — pensent qu’il suffit “d’expliquer plus fort” ou “de répéter” pour que l’enfant comprenne. Mais pour un enfant autiste, ce n’est pas une question de volume, c’est une question de forme.

L’erreur, c’est de calquer les méthodes d’apprentissage classiques. Des consignes longues, des métaphores implicites, des exercices abstraits : tout cela devient vite une montagne infranchissable. C’est comme demander à quelqu’un de grimper sans cordes, alors qu’il a besoin d’un harnais.

Ce qu’il faut privilégier, ce sont les supports clairs et visuels, les étapes découpées, les consignes simples. Un tableau avec pictogrammes, une fiche avec des couleurs, un emploi du temps visuel : ces outils donnent des repères. Et surtout, ils évitent que l’enfant se sente perdu au milieu d’un flot d’informations.

En bref : l’école, comme la maison, doit s’adapter à son mode de pensée, pas l’inverse.

Voici ce qui marche en terme d’apprentissage : Comment aider son enfant neuroatypique à mieux apprendre ? 5 clés concrètes

Négliger leurs centres d’intérêt : une occasion ratée

Un autre piège, c’est de vouloir absolument “diversifier” les apprentissages en ignorant les passions de l’enfant. Tu connais sûrement un enfant qui parle des planètes pendant des heures, ou qui connaît par cœur les modèles de trains. Beaucoup d’adultes soupirent : “Encore ça ? Passe à autre chose.”

C’est une erreur. Ces centres d’intérêt ne sont pas des obsessions inutiles, ce sont des portes d’entrée. Les ignorer, c’est fermer la seule fenêtre par laquelle l’enfant a envie d’apprendre.

Si on s’appuie dessus, au contraire, tout devient plus fluide. Les mathématiques peuvent se travailler avec des trains, la lecture avec des planètes, la géographie avec des cartes de métro. Ce qui paraît limité devient un tremplin.

L’intérêt spécifique n’est pas une barrière, c’est un moteur. Et c’est en l’utilisant qu’on peut ouvrir d’autres chemins d’apprentissage.

Oublier les troubles associés : une vision trop réductrice

Enfin, beaucoup d’enfants autistes ont d’autres particularités : TDAH, dyspraxie, anxiété, parfois même dépression. L’erreur, c’est de croire que l’autisme “explique tout”.

Un enfant qui décroche n’est pas forcément “dans la lune”, il peut être épuisé par un TDAH non pris en compte. Un enfant maladroit ne fait pas “exprès de bâcler”, il peut souffrir de dyspraxie. Un autre peut refuser l’école non pas parce qu’il est “paresseux”, mais parce qu’il vit une anxiété paralysante.

Sous-estimer ces troubles associés, c’est réduire l’enfant à un seul diagnostic. Et c’est passer à côté de solutions adaptées.

Prendre en compte ces particularités, c’est reconnaître toute sa réalité. Et c’est aussi lui envoyer un message puissant : “Tu n’es pas défini par tes difficultés, tu es quelqu’un qu’on cherche à comprendre dans toute ta complexité.”

Pour mieux comprendre les troubles associés, lis cet article : TDAH et comorbidités : comment reconnaître les troubles associés chez ton enfant?

Les réactions à éviter pendant une crise

Ce qu’il ne faut pas faire au cœur de la crise

Quand une crise éclate, le réflexe naturel des adultes, c’est souvent de hausser le ton.

“Arrête ! Calme-toi !” On croit reprendre le contrôle… mais en réalité, on jette de l’huile sur le feu.

Crier sur un enfant déjà débordé, c’est comme tenter d’éteindre un incendie avec de l’essence.

Autre erreur : chercher à raisonner. “Tu n’as pas de raison de pleurer”, “explique-moi pourquoi tu te mets dans cet état”. Mais pendant une crise, le cerveau de l’enfant est saturé. La logique n’a plus de place. Lui demander d’argumenter, c’est comme demander à quelqu’un en pleine tempête de te rédiger un rapport météo.

Certains parents isolent aussi systématiquement leur enfant ou lui donnent un écran pour calmer la situation. Cela apaise sur le moment, mais ça envoie un message dangereux : “Si je crie, je gagne une pause ou une récompense.”

La bonne réaction ? Rester calme, sécuriser l’espace (écarter les objets dangereux), montrer une présence discrète mais stable. Pas besoin de grands discours.

Parfois un mot simple — “je suis là” — vaut mille phrases. L’enfant n’a pas besoin qu’on contrôle sa crise, mais qu’on l’accompagne jusqu’à ce qu’elle redescende.

Quelques techniques simples pour désamorcer une crise : Comment calmer une crise d’un enfant TDAH : 5 techniques bienveillantes

Après la crise : les erreurs qui aggravent tout

Quand la tempête est passée, beaucoup d’adultes commettent une autre erreur : punir immédiatement. “Tu vas au coin parce que tu as crié !” Mais après une crise, l’enfant est épuisé. Rajouter une sanction, c’est comme frapper quelqu’un déjà à terre.

À l’inverse, certains ressassent : ils en parlent encore et encore, au point de raviver la douleur. D’autres excusent tout : “Ce n’est pas de sa faute, il est autiste.” Dans les trois cas, le message n’aide pas à progresser.

La bonne approche, c’est d’abord le repos. L’enfant a besoin de récupérer, parfois longtemps. Puis, à un moment plus calme, revenir sur ce qui s’est passé. Pas en mode reproche, mais en mode compréhension. “Tu étais en colère parce que la musique était trop forte ? Que pourrait-on faire la prochaine fois ?”

Il ne s’agit pas de minimiser la crise ni de la diaboliser. Il s’agit d’en faire une expérience d’apprentissage, une étape pour mieux anticiper la suivante.

Ignorer les signaux d’alerte : le faux pas le plus courant

Enfin, une erreur très fréquente : croire que la crise surgit “d’un coup”. En réalité, elle est presque toujours précédée de signaux. Des gestes plus rapides, une agitation inhabituelle, un regard fuyant, un corps qui se crispe.

Ignorer ces signaux, c’est comme ignorer les nuages avant l’orage. L’enfant accumule la fatigue, la faim, la surcharge sensorielle… et à un moment, ça déborde.

Apprendre à repérer ces signes, c’est avoir une longueur d’avance. Proposer une pause avant que ça n’explose, offrir un espace calme, donner un repère visuel : autant de petites actions qui évitent une grande crise.

La prévention, ce n’est pas de la faiblesse. C’est de la lucidité. Mieux vaut ouvrir un parapluie avant l’averse que réparer les dégâts après la tempête.

Les idées fausses sur l’autisme

Réduire l’enfant à son diagnostic

“C’est normal, il est autiste.” Combien de fois cette phrase est prononcée, parfois même avec de bonnes intentions. Mais à force de répéter cela, on finit par enfermer l’enfant dans une étiquette. Comme si tout ce qu’il fait, chaque réaction, chaque difficulté, était uniquement “à cause de l’autisme”.

Réduire l’enfant à son diagnostic, c’est comme regarder un tableau magnifique à travers un trou de serrure : on n’aperçoit qu’un détail et on rate toute la richesse autour.

L’enfant autiste est une personne avant d’être un diagnostic. Il a ses goûts, son humour, ses forces, ses faiblesses, comme n’importe qui. Voir seulement “l’autisme”, c’est nier tout le reste.

Peindre l’autisme uniquement en négatif

Une autre erreur fréquente, c’est de parler de l’autisme uniquement en termes de manque : “il ne sait pas…”, “il ne peut pas…”. À force, on construit une image sombre et décourageante. L’enfant lui-même finit par intérioriser ce discours : “Je suis un problème.”

Pourtant, l’autisme n’est pas qu’une liste de difficultés. C’est aussi des qualités uniques : une capacité à se concentrer profondément, une sincérité rare, une passion hors norme pour certains sujets. Ce sont des forces qui, bien accompagnées, deviennent des atouts incroyables.

Changer le regard, c’est passer de “il ne peut pas” à “voilà ce qu’il peut”. Ce n’est pas de l’angélisme, c’est une façon de rééquilibrer la balance.

Voici les principales idées fausses sur l’autisme : Autisme : 10 mythes coriaces qui empêchent de comprendre nos enfants

Sous-estimer son potentiel

Enfin, peut-être l’erreur la plus lourde : croire qu’un enfant autiste “ne progressera jamais”. Qu’il ne pourra pas apprendre, pas devenir autonome, pas trouver sa place. Ce fatalisme, même silencieux, pèse lourd.

Chaque enfant a un potentiel, mais il se révèle souvent autrement, ailleurs, autrement vite. L’autonomie ne se gagne pas toujours en ligne droite, mais par petits pas, parfois invisibles au début. Et chaque pas compte.

Ne pas croire en leur potentiel, c’est comme planter une graine et décider qu’elle ne poussera jamais. Pourtant, avec le bon sol, l’eau et la lumière, même la graine la plus discrète finit par germer.

A lire également pour t’inspirer : Daniel Tammet : l’autiste Asperger qui défie les limites du cerveau humain

FAQ : Ce qu’il ne faut pas faire avec un enfant autiste

Pourquoi un environnement trop bruyant ou désordonné est-il problématique ?
Beaucoup d’enfants autistes sont hypersensibles aux sons, aux lumières ou même aux textures. Un bruit d’aspirateur, une odeur forte ou des jouets déplacés peuvent être vécus comme une agression. Le désordre brise leurs repères et peut déclencher une crise. Respecter leur environnement, c’est leur offrir un espace sécurisant.
Est-ce une erreur de punir certains gestes comme le fait de battre des mains ?
Oui. Ces gestes, appelés stimming, aident l’enfant à se calmer ou à gérer une surcharge sensorielle. Les punir, c’est lui retirer son outil de régulation. Mieux vaut proposer une alternative si nécessaire, ou simplement accepter ces comportements quand ils ne sont pas dangereux.
Pourquoi faut-il éviter les comparaisons avec les frères, sœurs ou camarades ?
Comparer un enfant autiste à un autre revient à lui dire “tu n’es jamais assez bien”. Cela abîme son estime de soi et n’apporte aucune motivation. Au lieu de comparer, il est préférable d’encourager ses progrès, même minimes, et de valoriser ses efforts.
Quelles erreurs de communication sont les plus fréquentes ?
Parler en langage abstrait (“fais un effort”), utiliser des sous-entendus ou forcer le bavardage sont des erreurs courantes. Les enfants autistes ont besoin de phrases simples, claires et concrètes. Ils s’expriment mieux quand la communication a du sens, notamment autour de leurs centres d’intérêt.
Faut-il croire que l’autisme limite toujours le potentiel de l’enfant ?
Non. L’erreur la plus lourde est de penser qu’un enfant autiste “ne progressera jamais”. Chaque enfant avance à son rythme, parfois différemment, mais toujours avec des forces uniques. Croire en son potentiel, c’est lui donner les conditions pour s’épanouir et développer son autonomie.

Conclusion

Accompagner un enfant autiste, c’est comme découvrir un nouveau pays. Au début, tu avances sans carte : tu ignores ses règles, ses codes, et tu commets parfois des maladresses.

Mais chaque pas t’apprend quelque chose. Tu comprends vite que ce pays a ses interdits : surcharger ses sens, bousculer ses routines, déplacer son ordre établi. Tu découvres aussi que certains gestes parentaux blessent plus qu’ils n’aident : punir un comportement typique, comparer, ou vouloir tout contrôler.

Sur le chemin, tu réalises que la communication doit être simple, concrète et adaptée. Pas de sous-entendus, pas de bavardages forcés, mais des mots clairs et des échanges qui ont du sens.

Tu comprends que l’école aussi doit s’ajuster : s’appuyer sur ses intérêts, reconnaître ses autres difficultés, et ne jamais l’enfermer dans une méthode unique. Et quand viennent les crises, tu apprends à ne pas réagir dans le feu de l’émotion, mais à prévenir, accompagner et apaiser.

Ce voyage t’amène à changer ton regard. Tu ne vois plus seulement un diagnostic, mais une personne unique, avec des forces, des passions et un potentiel à révéler. Le vrai secret, c’est de marcher à ses côtés, pas de le forcer à suivre ton chemin.

Si cet article t’a parlé, c’est sûrement que tu vis aussi ces moments de fatigue, de tensions, de découragement.
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