
Isabelle Filliozat, Caroline Goldman et Dolto : comment poser des limites ?
Il y a ce moment que tu connais par cœur. Ton enfant explose, tu tiens bon, et déjà une petite voix te souffle que tu t’y prends mal. Trop ferme, ou alors pas assez. Comme si la limite tombait toujours au mauvais endroit.
Ce doute-là, tu n’es pas seule à le porter. Des milliers de parents se couchent le soir avec la même question qui tourne en boucle : « est-ce que je suis en train de l’abîmer ? » Et si le problème n’était pas toi ?
Depuis quelques années, une controverse enflamme les parents : faut-il poser des limites, ou d’abord écouter ses émotions ? D’un côté, Caroline Goldman défend un cadre ferme qui sécuriserait l’enfant. De l’autre, Isabelle Filliozat rappelle qu’un « non » mal posé peut le fragiliser. Deux voix, deux camps. Et toi, tiraillée au milieu, sommée de choisir.
Parce que ton enfant, lui, n’a pas lu les livres.
Et quand il est neuroatypique (TDAH, Dys, autiste, hypersensible, etc.) la belle théorie s’effondre encore plus vite. Son système nerveux vit chaque frustration comme une alarme intérieure. Ce n’est pas du caprice, c’est un trop-plein qui déborde.
Alors dans cet article, je n’ai pas choisi de camp. J’ai gardé le meilleur de trois grandes voix : Caroline Goldman, Isabelle Filliozat et Françoise Dolto et je l’ai passé au tamis de ce que dit vraiment la recherche. Pas pour te donner une méthode de plus.
Mais pour t’aider à retrouver ta propre boussole. Celle qui te laisse dire non avec amour, tenir la ligne sans te briser, et sentir enfin que tu fais du bon travail.
- Qui est Caroline Goldman, la voix de l’autorité bienveillante?
- Isabelle Filliozat : l’empathie peut-elle poser des limites?
- Françoise Dolto : et si la parole posait la vraie limite?
- Alors, comment poser des limites avec amour?
Qui est Caroline Goldman, la voix de l’autorité bienveillante?
Tu as forcément croisé son nom quelque part. À la radio, dans un groupe de parents, ou au détour d’un titre qui t’a un peu piquée. Depuis 2022, Caroline Goldman est partout, surtout en période de rentrée scolaire.
Psychologue pour enfants et adolescents depuis une vingtaine d’années, docteure en psychopathologie clinique, elle a longtemps enseigné à l’université avant de recevoir les familles dans son cabinet. Elle est aussi la fille du chanteur Jean-Jacques Goldman, et mère de quatre enfants, un détail qui compte parce qu’elle parle autant en clinicienne qu’en maman. Son podcast, sa chronique sur France Inter et ses livres (File dans ta chambre, puis un Guide des parents d’aujourd’hui) ont fait d’elle une voix qu’on adore ou qu’on redoute.
Mais que dit-elle, au juste ?
Son constat tient en une idée. Dans son cabinet, elle voit exploser les crises et les débordements chez les enfants. Et elle pointe une cause : une éducation positive mal comprise, qui aurait peu à peu désarmé les parents. Attention, elle ne prône ni les cris ni les punitions physiques. Elle les rejette, clairement.
Ce qu’elle défend, c’est une troisième voie. Ni le laxisme qu’elle reproche à l’éducation positive, ni la sévérité d’autrefois. Simplement un cadre clair. Des repères solides sur lesquels ton enfant peut s’appuyer pour se sentir en sécurité. Une idée simple, en apparence. Sauf qu’elle déclenche une vraie tempête.

Caroline Goldman et la neurodiversité : que pense-t-elle vraiment?
C’est là que nos chemins commencent à se séparer. Parce que sur ce sujet, Caroline Goldman a des positions tranchées. Et quand on élève un enfant neuroatypique, elles piquent un peu.
Le HPI selon Caroline Goldman : un concept « à la mode »?
Pour elle, le haut potentiel serait devenu une étiquette qu’on colle trop vite. Une « mode ». Elle rappelle que le haut quotient intellectuel existe, mais que le HPI, lui, ne figure pas dans la classification des maladies. Selon elle, être intelligent n’a jamais fait souffrir personne.
« On lance des étiquettes qui sont censées expliquer les singularités de l’enfant, ces étiquettes sont très grossières, en l’occurrence le haut quotient intellectuel existe mais pas le HPI dans la classification des maladies. C’est une fantaisie marketing qui a décrété qu’une qualité pouvait justifier des souffrances. Au même titre qu’avoir de beaux cheveux, ou être performant sur le plan sportif, être intelligent n’a pas de conséquence malheureuse sur l’appareil psychique«
Caroline Goldman au micro de France-Inter
Je comprends l’idée mais je ne la suis pas jusqu’au bout. Parce qu’un enfant à haut potentiel ne souffre pas de son intelligence. Il souffre du décalage, de ce monde autour de lui qui n’avance pas au même rythme, ne comprend pas ses questions, ne répond pas à sa soif. Dire qu’une étiquette ne sert à rien, c’est oublier tout ce qu’elle apaise.
Car une étiquette, quand elle est bien posée, n’enferme pas, elle éclaire. Elle donne enfin un nom à ce que ton enfant traverse, et à toi, une boussole pour l’accompagner.
C’est ça que je retiens. Ce n’est pas une mode, c’est plutôt une clé de compréhension.
Caroline Goldman et le TDAH : un diagnostic surestimé?
Caroline Goldman se montre encore plus critique lorsqu’il s’agit du TDAH. Elle remet en question la validité de ce diagnostic quand il est utilisé de manière trop large. Selon elle, le TDAH sert souvent à expliquer des comportements qui, dans d’autres contextes, seraient considérés comme normaux pour des enfants en développement.
Elle admet que le TDAH existe dans des cas rares, par exemple chez les enfants ayant des séquelles de prématurité ou d’alcoolisme fœtal. Cependant, elle déplore que ce diagnostic soit devenu omniprésent dans le discours médical, simplifiant et pathologisant des comportements variés sans véritable fondement clinique. Caroline Goldman appelle à une plus grande prudence dans l’usage de ces diagnostics, craignant qu’ils ne reflètent une tendance à médicaliser excessivement les différences comportementales des enfants.
TDAH : mon avis (et ce que dit vraiment la recherche)
Parce que les chiffres racontent une autre histoire.
Les grandes études internationales estiment qu’environ 5 % des enfants dans le monde sont concernés par un TDAH. En France, on tourne autour de 4 %. Et ce taux se retrouve d’un continent à l’autre, année après année, sans explosion soudaine.
Traduit simplement : dans chaque classe, un enfant vit avec ce trouble. Ce n’est pas rare, c’est juste souvent invisible. Le vrai problème français n’est pas le sur-diagnostic. C’est le retard! Nos professionnels sont encore trop peu formés, et beaucoup d’enfants attendent des années avant qu’on mette enfin un mot sur leurs difficultés.
Alors non, ton enfant n’a pas un « caprice à la mode ». Il a un système nerveux qui fonctionne autrement. Et le nommer, ce n’est pas l’enfermer dans une case : c’est enfin lui offrir la compréhension qu’il attendait.
De plus, la désinformation est omniprésente. Prenons l’exemple de cet article publié dans un média bien connu qui affirme que le TDAH est un trouble dys, une confusion fondamentale.
Le TDAH n’est pas un trouble dys. C’est un trouble neurodéveloppemental qui impacte l’attention, l’impulsivité, et souvent l’hyperactivité. Les troubles dys, comme la dyslexie, se concentrent sur des difficultés spécifiques d’apprentissage. Bien que ces deux types de troubles puissent coexister chez un même individu, ils sont distincts dans leur nature et dans les impacts qu’ils ont sur la vie quotidienne.

Revenons à Caroline Goldman, quels sont ses principes sur la parentalité en général?
A lire aussi : Comment calmer une crise d’un enfant TDAH : 5 techniques bienveillantes
Pourquoi Caroline Goldman fait-elle débat?
Sur un point, pourtant, je la rejoins pleinement.
Poser des limites : pourquoi ton enfant en a besoin
Un enfant a besoin de repères, de savoir où s’arrête le terrain de jeu. Sans limite claire, il avance dans le flou. Et le flou, pour un enfant, ce n’est pas la liberté : c’est l’angoisse. Un cadre stable, au contraire, le rassure. Il sait à quoi s’attendre, et cette prévisibilité apaise son système nerveux.
Chez nous, ça passe par des règles simples. Les devoirs après le goûter, le temps d’écran qu’on ne négocie pas à chaque fois. La douche avant le coucher. Ce ne sont pas des contraintes, ce sont des rails sécurisants.
Je me souviens de Melyssa, petite, qui refusait de se brosser les dents. Plutôt que de céder ou de crier, je lui montrais des photos de dents abîmées. Je tenais la règle, avec douceur, mais je la tenais. Et tu sais quoi ? Elle a fini par s’y ancrer toute seule. Poser une limite, ce n’est pas priver ton enfant, c’est lui construire un socle.
La critique de l’éducation positive « à la française »
Là aussi, Caroline Goldman met le doigt où ça fait mal. Elle reproche à l’éducation positive de vendre une version trop lisse de la parentalité. Un monde sans conflit, sans fermeté, où il suffirait d’aimer assez fort. Et sur ce point, elle n’a pas tort.
Parce que cette perfection-là, tu ne peux pas la tenir. Surtout avec un enfant intense, dont chaque journée est une aventure imprévisible. La version « parfaite » de la parentalité positive finit souvent par culpabiliser les parents qui n’y arrivent pas. Alors que la vraie vie est mille fois plus complexe qu’un livre.
Tu n’es pas un mauvais parent parce que ta journée a explosé. Tu es juste humaine.
Le time-out de Caroline Goldman, c’est quoi ?
Reste sa fameuse méthode, celle qui déchaîne les passions. Le time-out, c’est le fait d’écarter brièvement l’enfant du lieu commun quand il déborde. On lui rappelle d’abord la règle : « Ici, on ne tape pas, et ça ne changera pas. » On reste calme, sans crier. Et si ça continue, direction la chambre, le temps que la tempête retombe. Sur le papier, ça peut sembler sensé. Dans les faits, c’est très discuté.
En mars 2023, près de 280 chercheurs et professionnels de l’enfance ont signé une tribune contre cette pratique. Ils la jugent peu efficace, et craignent qu’isoler un enfant en pleine crise n’augmente son angoisse, au moment précis où il a le plus besoin d’un adulte. Un mot, ici, sur ce que dit vraiment la recherche.
Le time-out vient des sciences du comportement, pas de la psychanalyse. Et les spécialistes qui l’ont étudié, comme le professeur Alan Kazdin de l’université Yale, décrivent un geste très différent : une mise à l’écart de quelques minutes à peine, souvent une minute par année d’âge, dans un lieu calme, sans dramatiser. Rien à voir avec un isolement long ou punitif.
Autrement dit, l’outil peut exister. Mais tout se joue dans la manière.
Et cette manière, aucune méthode ne pourra te la dicter à ta place. C’est toi qui connais ton enfant, toi qui sens quand une pause l’apaise, ou quand elle le blesse.
Isabelle Filliozat : l’empathie peut-elle poser des limites?
À l’autre bout du ring, une voix bien différente. Isabelle Filliozat, c’est la grande figure de la parentalité positive en France. Psychothérapeute, autrice, elle a passé sa carrière à aider les parents à comprendre ce qui se joue derrière les larmes de leur enfant.
Là où Goldman parle cadre, elle parle lien. Là où l’une pose la limite, l’autre écoute l’émotion. Deux mondes ? Pas si sûr. Écoutons-la d’abord.

Écouter et accueillir les émotions de l’enfant
Pourquoi écouter ses émotions change tout
Le point de départ de Filliozat est simple. Un enfant dont l’émotion est entendue s’apaise plus vite qu’un enfant qu’on fait taire.
Écouter, ce n’est pas juste hocher la tête. C’est nommer ce qu’il vit. Ton enfant rentre blessé parce qu’on s’est moqué de lui ? Dire « je vois que tu es triste, et c’est normal » suffit parfois à dénouer la boule dans sa poitrine.
En posant des mots sur l’émotion, tu l’aides à la comprendre. Et une émotion comprise, c’est une crise en moins.

L’empathie, base d’une relation apaisée
Pour Filliozat, tout part de là. Se glisser un instant dans la tête de ton enfant. Voir le monde avec ses yeux, ses peurs, ses joies immenses.
Ton enfant refuse d’aller à l’école ? Plutôt que de le forcer, tu peux lui demander : « qu’est-ce qui te fait peur, ce matin ? » Souvent, cette seule question ouvre une porte que l’autorité aurait claquée.
L’empathie ne règle pas tout d’un coup. Mais elle transforme le bras de fer en conversation.
Gérer les crises sans punir ni céder
Face à la tempête, Filliozat propose une troisième voie. Ni punir, ni abandonner. Rester là : accompagner l’enfant au cœur de la vague, jusqu’à ce qu’elle redescende. Peu à peu, il apprend à reconnaître ce qui le traverse, et à le calmer lui-même.
Pour moi, accompagner ne veut pas dire tout permettre. On peut accueillir l’émotion et tenir la limite. « Je comprends ta colère. Et non, on ne tape pas. » Les deux, dans la même phrase.
C’est peut-être ça, la vraie réponse à la question du départ : l’empathie ne remplace pas la limite. Elle la rend supportable.
Cet article devrait t’aider pour mieux soutenir ton enfant : Enfant neuroatypique : le guide complet pour comprendre et accompagner ton enfant
Encourager l’autonomie et la confiance en soi
Filliozat ne s’arrête pas aux émotions. Elle veut aussi voir grandir.
Le laisser faire seul, sans l’abandonner
Pour elle, un enfant se construit en essayant. En se trompant, en recommençant. Ton enfant veut préparer son petit-déjeuner tout seul ? Même s’il renverse le lait, même s’il noie ses céréales, laisse-le faire. Un « c’est bien d’avoir essayé » vaut mille corrections. Chaque tentative nourrit sa confiance en lui.
Le laisser faire, ce n’est pas le lâcher. C’est rester juste à côté. Présente, mais un pas en arrière.
S’il oublie de ranger ses jouets, tu peux le lui rappeler avec douceur, sans le faire à sa place. Il apprend alors une chose précieuse : ses actes lui appartiennent.
A lire aussi : Comment aider ton enfant neuroatypique à devenir autonome pas à pas?
Valoriser l’effort plutôt que le résultat
Voilà une idée que j’essaie de pratiquer tous les jours.
Filliozat invite à saluer le chemin, pas seulement la réussite. Les tentatives, les progrès minuscules. Tout ce qui, mis bout à bout, construit la persévérance. Quand Melyssa peine sur un dessin compliqué qu’elle n’arrive pas à rendre parfait, je ne regarde pas le résultat. Je lui dis : « je vois tout l’effort que tu as mis, et c’est ça qui compte. »
Parce qu’un enfant qu’on félicite pour ses efforts n’a pas peur de rater. Il ose, il recommence et il avance à petits pas. Et c’est vital pour un enfant neuroatypique, qui trébuche souvent plus que les autres sur le chemin de l’apprentissage.
A lire : Compliment ou encouragement : comment motiver son enfant intelligemment?
Isabelle Filliozat au cœur de la controverse
Alors, pourquoi tant de tensions autour d’elle ? Parce que son nom revient sans cesse dans les critiques de Goldman. Filliozat, elle, s’en défend. Ce qu’on attaque, dit-elle, n’est pas son travail : c’est une caricature laxiste qu’on lui prête à tort.
Elle rappelle une réalité qui pique. Selon un sondage Ifop pour la Fondation pour l’enfance, près de 8 parents français sur 10 reconnaissent avoir infligé au moins une violence éducative dans la semaine écoulée. Cris, tape, humiliation. Vu comme ça, le vrai danger n’est pas l’excès de douceur.
Pour Filliozat, ce qu’on appelle « éducation positive » ne devrait même pas avoir de nom particulier. Ce n’est pas une mode. C’est simplement une éducation qui respecte l’enfant comme une personne. Et sur ce mot, personne, une autre voix, plus ancienne, avait déjà tout dit.
Françoise Dolto : et si la parole posait la vraie limite?
Avant Goldman, avant Filliozat, il y a eu elle.
Françoise Dolto, pédiatre et psychanalyste, a bouleversé notre façon de voir les enfants. Bien avant les débats d’aujourd’hui, elle posait déjà une idée révolutionnaire : on ne pose pas une limite contre l’enfant, on la construit avec lui, par la parole. Et cette idée, un demi-siècle plus tard, n’a pas pris une ride.

L’enfant est une personne, dès le premier jour
Le respecter comme un égal
Françoise Dolto a révolutionné la perception de l’enfance en insistant sur le fait que l’enfant est une personne à part entière dès sa naissance. Cette vision était radicale à son époque, où l’enfant était souvent vu comme un être en devenir, encore « incomplet » jusqu’à l’âge adulte.
Dolto a inversé cette perspective en affirmant que l’enfant possède dès le début de sa vie une personnalité, des émotions, et des besoins qui méritent d’être reconnus et respectés.
Cette reconnaissance implique une relation d’égal à égal dans le respect mutuel, où l’enfant est entendu, écouté, et pris en compte dans les décisions qui le concernent. Par exemple, lorsqu’un enfant de 3 ans refuse d’aller se coucher, Dolto encourage les parents à écouter et comprendre ce refus plutôt qu’à imposer une autorité rigide.
Le respect du corps (surtout chez l’enfant neuroatypique)
Le respect du corps de l’enfant est un pilier fondamental de la pensée de Françoise Dolto, particulièrement pertinent pour les enfants atypiques. Elle insistait sur l’importance que chaque enfant soit maître de son propre corps, une autonomie qui doit être respectée par les adultes.
Pour un enfant neuroatypique, cela signifie, par exemple, qu’il ne doit jamais être forcé à manger un aliment s’il en est dégoûté, ou à participer à des activités sensorielles qui le mettent mal à l’aise.
Dolto estimait que ces actions, bien qu’elles puissent sembler anodines, peuvent avoir des répercussions importantes sur le développement de l’enfant et sa perception de son corps.
Pour un enfant neuroatypique, qui peut avoir des sensibilités particulières, le fait de forcer des interactions physiques, comme un câlin ou un contact non désiré, peut créer une confusion sur ses droits corporels et sur la notion de consentement.
Dolto considérait que respecter le corps de l’enfant, c’est lui enseigner qu’il a le droit de dire non, de poser des limites, et d’affirmer son intégrité physique, ce qui est essentiel pour les enfants neuroatypiques qui peuvent avoir du mal à s’affirmer.

La parole vraie, pilier de la sécurité intérieure
Parler vrai, même des troubles
La « parole vraie » est un concept central de l’œuvre de Françoise Dolto, particulièrement important pour les enfants neuroatypiques. Pour elle, il est essentiel de parler ouvertement aux enfants, y compris de leurs troubles. Dolto croyait que les enfants, même atypiques, ressentent instinctivement les non-dits, les mensonges ou les dissimulations, ce qui peut accentuer leur anxiété et leur insécurité.
En abordant directement les particularités de l’enfant neuroatypique, qu’il s’agisse de TDAH, d’autisme ou de dyspraxie, on lui offre une compréhension de soi qui renforce son sentiment de sécurité.
Dolto prônait une communication transparente, adaptée à l’âge et au niveau de compréhension de l’enfant, mais toujours honnête.
Cette approche aide les enfants neuroatypiques à mieux appréhender leur propre différence, à en parler librement, et à développer une confiance en eux-mêmes ancrée dans la réalité.
Les non-dits, ce poison silencieux
Françoise Dolto mettait en garde contre les non-dits et les secrets au sein de la famille, soulignant leur potentiel nocif pour le développement de l’enfant.
Pour les enfants neuroatypiques qui peuvent être hypersensibles, ce point me semble capital. Pour ces enfants, les non-dits peuvent amplifier leur hypersensibilité et provoquer des symptômes psychosomatiques, des angoisses inexpliquées, ou des comportements problématiques.
Dolto soutenait que les enfants, même très jeunes, ressentent les tensions et les non-dits dans leur environnement familial. Pour un enfant neuroatypique, dont la sensibilité est souvent exacerbée, l’absence de communication claire peut entraîner des peurs irrationnelles ou des sentiments de culpabilité profonds.
Questions fréquentes sur les limites éducatives
Comment poser des limites sans crier ni punir ?
Mon enfant teste toujours les limites, est-ce normal ?
Quelle est la différence entre punition et conséquence éducative ?
Comment adapter les limites à un enfant neuroatypique ?
Faut-il toujours expliquer les règles à l’enfant ?
Alors, comment poser des limites avec amour?
Te voilà au bout du chemin. Peut-être encore un peu perdue. Comment être ferme sans être dure ? Comment tenir la ligne sans briser l’élan de ton enfant ? La réponse tient en un mot : l’équilibre.
Pas une méthode de plus à appliquer à la lettre. Pas un camp à rejoindre. Juste de quoi puiser le meilleur dans chaque approche, pour offrir à ton enfant ce dont il a vraiment besoin.
De Caroline Goldman, tu gardes le cadre. Ces repères clairs qui rassurent et sécurisent.
D’Isabelle Filliozat, tu gardes l’écoute. Cette empathie qui transforme la crise en lien.
De Françoise Dolto, tu gardes la parole. Cette vérité dite avec douceur, qui ancre ton enfant dans le réel.
Il n’y a pas de formule magique. Juste toi, ton enfant, et la confiance qui grandit entre vous. Alors respire!
Si tu doutes autant, c’est que tu cherches à bien faire. Et un parent qui cherche à bien faire est déjà, quelque part, un bon parent.
Ton enfant n’est pas trop intense, il est vivant. Il n’est pas trop sensible, il ressent le monde plus fort.
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Ohlala quel magnifique article qui résonne en moi tellement je me sens perdue dans tous ces courants et discours que tout oppose parfois. Pas facile d’y voir clair, mais tu résumes ça très bien. Ton discours est aussi déculpabilisant et qu’est-ce que ça fait du bien à lire !!! Je retiens de ton article cette notion d’équilibre, que l’on cherche tout le temps et qu’on passera notre vie à ajuster. Dès que je sens que j’atteints un certain équilibre, ça rebascule et c’est aussi le jeu !
Et je note cette phrase pour la relire régulièrement : « Parce qu’éduquer un enfant, c’est aussi savoir dire non avec amour, poser des limites sans briser l’esprit, et préparer nos enfants à un monde où ils devront jongler entre contraintes et libertés. »
Merci Elise pour tout ça, ça me booster à toujours aller chercher cet équilibre avec mes enfants !
Merci beaucoup pour ton retour chaleureux sur cet article!
Grand merci pour ce petit tour d’horizon bien complet! Totalement en phase avec le besoin d’équilibre entre bienveillance et autorité… pas toujours facile a maintenir 🙂
Effectivement c’est un équilibre difficile à maintenir!
Article hyper exhaustif !
Très intéressant de rassembler ces différentes écoles pour se faire son propre avis.
La vérité est bien souvent diffuse… 😉
Merci Vincent. Nous devons créer notre propre réalité.
Merci pour ton article passionnant. Tu as su mettre en lumière trois approches différentes de l’autorité parentale ! J’ai adoré la façon dont tu compares les visions de Françoise Dolto, Isabelle Filliozat et Caroline Goldman, chacune apportant une perspective unique. C’est vraiment intéressant de voir comment ces approches peuvent se compléter pour mieux comprendre l’éducation et la relation parent-enfant.
Merci beaucoup Jackie pour ta fidélité.
Très intéressant d’avoir rassembler ces trois courants de pensées éducatives! Je dirais qu’un mix des trois est aussi intéressant! pas évident de ne pas tomber dans la culpabilité dès qu’un parent se sent en échec face à nos chères petites têtes blondes mais on fait au mieux et je pense qu’on se pose beaucoup plus de questions aujourd’hui que par le passé.
Merci Marina, effectivement il faut piocher les bonnes pratiques avec lesquelles on est aligné.