Quel est le trouble Dys le plus grave?
Il y a quelques mois, une maman m’a écrit un message qui m’a bouleversée.
Elle venait d’apprendre que son fils avait un trouble « dys » et, au milieu de ses doutes, elle a posé une question toute simple :
« Quel est le trouble dys le plus grave ? »
Je me souviens encore de la façon dont elle l’a formulée. Ce n’était pas une simple curiosité, mais presque un cri du cœur. Derrière ses mots, on sentait une inquiétude profonde. La peur que son fils n’ait pas les mêmes chances que les autres. La peur que l’école devienne une suite d’échecs. La peur que l’avenir soit bouché avant même d’avoir commencé. Et surtout, cette peur sourde et difficile à avouer : que ce diagnostic ressemble à une condamnation.
Si tu es parent d’un enfant neuroatypique, tu connais sûrement ce mélange de doute et d’angoisse. Cette impression de marcher dans le brouillard, avec mille questions sans réponse.
On aimerait qu’un spécialiste nous dise : “Ne t’inquiète pas, ce trouble est moins grave que les autres.” Comme si classer les difficultés pouvait calmer nos peurs. Mais la réalité est bien plus nuancée.
- Faut-il vraiment comparer les troubles dys ?
- Troubles Dys : comprendre les différences pour mieux accompagner
- La gravité des troubles dys : une notion relative
- Les troubles les plus invalidants selon la recherche
- Quel est le trouble dys le plus grave?
- Conclusion : au-delà du “plus grave”, l’essentiel c’est l’accompagnement
Faut-il vraiment comparer les troubles dys ?
Pourquoi les parents cherchent à comparer les troubles dys?
Quand on est parent, cette question nous traverse souvent, même si on ne la prononce pas à voix haute. On a besoin de se situer.
Est-ce que c’est “juste” une petite difficulté qui passera avec quelques exercices ?
Ou est-ce que c’est plus sérieux, quelque chose qui risque de peser sur toute la scolarité ?
C’est un réflexe humain : on cherche des repères, des comparaisons, presque comme si on faisait un classement entre les troubles. Comme s’il y avait une échelle invisible, du plus “léger” au plus “lourd”.
Cela nous rassurerait d’entendre que “le trouble de mon enfant n’est pas le pire”. Comme si mettre une étiquette “moins grave que…” pouvait apaiser l’angoisse.
Je comprends tellement ce réflexe. Moi aussi, quand j’ai entendu pour la première fois les mots “trouble dys” au sujet de ma fille, j’ai cherché à savoir. À évaluer. À comparer.
Est-ce que c’est pire que la dyslexie ? Est-ce que c’est moins grave que la dyspraxie ? Est-ce que ça veut dire qu’elle sera toujours en décalage par rapport aux autres ?
Ces questions tournaient en boucle dans ma tête, parce qu’au fond, je voulais surtout savoir : “Est-ce que mon enfant pourra avoir une vie normale ?”
Le piège à éviter : classer les troubles Dys du plus léger au plus grave
Mais la vérité, c’est qu’il n’y a pas de réponse simple. Les chercheurs le disent eux-mêmes : ce qui compte, ce n’est pas de savoir quel trouble est le plus “grave” en théorie, mais d’observer l’impact concret dans la vie quotidienne de l’enfant.
Un trouble peut sembler anodin sur le papier mais devenir très lourd s’il n’est pas reconnu, pas compris, pas accompagné.
Prenons un exemple : un enfant avec une “dyslexie légère” mais scolarisé dans une école qui ne fait aucun aménagement peut souffrir bien plus qu’un autre avec une forme sévère mais entouré d’enseignants formés et bienveillants. Tout est question de contexte, de soutien, de reconnaissance.
Et puis, derrière cette question, il y a une souffrance silencieuse : celle des parents qui se sentent perdus, jugés, parfois coupables. Comme si comprendre la hiérarchie des troubles pouvait, d’une certaine manière, calmer leur peur. Mais ce n’est qu’un mirage. Car chaque enfant est unique, avec ses défis mais aussi ses forces, ses talents et sa façon particulière de s’épanouir.
Alors avant de chercher à comparer, il faut prendre un pas de recul.
Les troubles dys ne se résument pas à une étiquette ni à un classement. Ils sont des réalités différentes, vécues différemment. Et ce que nos enfants nous demandent, ce n’est pas de les juger sur une échelle de gravité… mais de les accompagner là où ils en ont le plus besoin.
Troubles Dys : comprendre les différences pour mieux accompagner
Les 6 grands troubles Dys expliqués simplement
Derrière le mot “dys” se cache en réalité une grande famille de troubles spécifiques des apprentissages.
- La dyslexie touche la lecture : décoder un mot devient un combat, chaque ligne demande une énergie démesurée.
- La dysorthographie rend l’orthographe instable, même après des dizaines de dictées.
- La dysgraphie complique l’écriture : l’enfant veut suivre en classe, mais sa main ne suit pas, les lettres s’emmêlent, illisibles.
- La dyscalculie s’attaque aux nombres : le calcul mental, la numération, les tables de multiplication deviennent un casse-tête.
- La dyspraxie perturbe la coordination motrice : boutonner une chemise, couper avec des ciseaux ou attraper un ballon demande un effort immense.
- Et la dysphasie affecte le langage oral : comprendre et s’exprimer devient une épreuve quotidienne.
Ces troubles sont invisibles aux yeux du monde, mais dans le quotidien, ils pèsent lourd.

Ce que les troubles dys ont en commun
Même si chacun de ces troubles touche une compétence différente, ils ont un point commun : ce sont des troubles neurodéveloppementaux.
Autrement dit, ce n’est ni de la paresse ni un manque d’intelligence. Le cerveau de l’enfant fonctionne différemment, et cela se traduit par des décalages dans les apprentissages. Ce n’est pas “parce que l’enfant ne fait pas d’efforts”, mais bien une différence neurologique.
Et la bonne nouvelle, c’est qu’avec un repérage précoce, on peut agir.
De nouvelles méthodes, comme l’observation des mouvements oculaires pour détecter la dyslexie, permettent de poser un diagnostic plus tôt et donc d’accompagner plus efficacement.
Des impacts très différents selon les enfants
Dire “mon enfant est dys” ne suffit pas : deux enfants dyslexiques peuvent avoir des profils complètement différents. L’un peut déchiffrer laborieusement mais comprendre facilement ; l’autre peut lire à toute vitesse mais sans rien retenir.
La dyslexie est la plus connue et la plus étudiée, mais ça ne veut pas dire que les autres sont “moins graves”.
Un enfant dyspraxique peut souffrir tout autant quand il est jugé maladroit à chaque sport collectif. Un enfant dyscalculique peut se sentir nul juste parce que les mathématiques lui résistent.
Chaque trouble a son lot de défis… mais aussi ses forces cachées. Et comprendre cette diversité, c’est déjà une clé pour mieux accompagner nos enfants, sans tomber dans le piège du “plus grave” ou du “moins grave”.
La gravité des troubles dys : une notion relative
Quand les troubles dys compliquent la scolarité
À l’école, certains troubles dys se voient très vite.
Un enfant dyslexique va mettre deux fois plus de temps à lire une consigne, un enfant dyscalculique va rester bloqué devant une opération que ses camarades résolvent en deux secondes, un enfant dysgraphique va rendre une copie illisible malgré des efforts énormes.
La gravité est alors perçue à travers le prisme scolaire : notes en baisse, remarques des professeurs, lenteur dans les apprentissages.
Mais il faut nuancer. Un trouble léger peut être compensé par des stratégies, alors qu’une forme sévère peut bloquer l’accès à presque toutes les matières. Ce n’est pas la nature du trouble qui compte, mais son intensité et son impact sur l’accès au savoir.

L’impact émotionnel et social
Les recherches montrent que les enfants avec un trouble dys présentent plus d’anxiété, de baisse de motivation et de troubles de l’estime de soi que leurs camarades.
Et c’est logique : imagine-toi, jour après jour, devoir faire face à des remarques comme “Tu ne fais pas attention”, “Tu pourrais mieux écrire si tu voulais”, “Tu es trop lent”.
Au-delà des résultats scolaires, l’impact émotionnel est souvent le plus lourd à porter. Les enfants finissent par douter d’eux-mêmes, se comparer aux autres, se sentir “moins bons”. Et cette blessure invisible peut durer toute une vie si elle n’est pas réparée par un regard bienveillant.
Comorbidités : quand les difficultés s’ajoutent
Les choses se compliquent encore plus quand le trouble dys se combine avec d’autres difficultés.
C’est le cas d’un enfant dyslexique et TDAH, qui doit à la fois lutter contre la fatigue de lecture et contre son impulsivité. Ou d’un enfant dyspraxique qui est aussi hypersensible, et qui vit chaque activité sportive comme un défi insurmontable.
Les chercheurs parlent de comorbidité : c’est quand plusieurs troubles se cumulent, rendant la prise en charge plus complexe et l’impact global beaucoup plus lourd.
Dans la vraie vie, cela veut dire qu’un enfant peut avoir à la fois du mal à lire, du mal à s’organiser et du mal à gérer ses émotions. Ce n’est pas un “plus grave” théorique, mais bien une réalité quotidienne beaucoup plus exigeante.
Il y a souvent une comorbidité entre le TDAH et les troubles dys, pour bien comprendre lis cet article : TDAH et comorbidités : comment reconnaître les troubles associés chez ton enfant?
Les troubles les plus invalidants selon la recherche
La dysphasie : un langage entravé
La dysphasie (aujourd’hui souvent appelée trouble développemental du langage) est l’un des troubles les plus cités comme “invalidants”. Pourquoi ? Parce qu’elle touche la base de tout apprentissage : le langage oral.
Un enfant dysphasique a du mal à comprendre ce qu’on lui dit, à construire des phrases, parfois même à trouver les bons mots. Cela peut créer un décalage énorme à l’école : comment progresser en lecture si on peine déjà à comprendre une consigne orale ? Comment participer en classe si chaque phrase est un effort ?
Les chercheurs insistent : la dysphasie entraîne souvent un effet boule de neige, car la communication est au cœur de la vie scolaire et sociale.
Les cas multi-dys : cumuler plusieurs troubles
Il existe aussi des enfants qu’on appelle “multi-dys” : ils cumulent plusieurs troubles en même temps, par exemple dyslexie + dyspraxie + dyscalculie léger. C’est le cas de ma fille Melyssa.
Dans ces cas-là, chaque activité scolaire devient une épreuve. Lire, écrire, compter… tout est un défi permanent.
Melyssa a eu des passages scolaires où elle se levait chaque matin avec un poids dans le ventre à l’idée d’aller à l’école. Pas parce qu’elle n’aimait pas apprendre, mais parce qu’il savait qu’il allait devoir se battre pour chaque exercice, chaque devoir, chaque contrôle.
Ces situations sont parmi les plus lourdes à vivre, car le cumul de troubles aggrave les difficultés.

Les formes sévères : quand le quotidien devient complexe
Enfin, au-delà du type de trouble, il faut parler de sévérité. Chaque trouble existe en version légère, modérée ou sévère. Une dyslexie légère peut être compensée avec des outils et des aménagements.
Mais une dyslexie sévère peut bloquer l’accès à presque tous les textes scolaires, même avec de l’aide.
C’est pareil pour la dyscalculie, la dysgraphie ou la dyspraxie : plus le trouble est marqué, plus l’enfant a besoin d’adaptations permanentes.
La gravité ne réside donc pas seulement dans la “catégorie” du trouble, mais dans son intensité et dans la manière dont l’enfant peut (ou non) trouver des stratégies pour compenser.
Quel est le trouble dys le plus grave?
Une réponse claire pour les parents
Alors, quel est le trouble dys le plus grave ?
La vérité, c’est qu’il n’existe pas de réponse unique. Les chercheurs l’affirment : tout dépend de la sévérité, des troubles associés, et surtout du contexte dans lequel vit l’enfant.
Oui, la dysphasie et les profils multi-dys sont souvent considérés comme les plus lourds à accompagner. Mais réduire les troubles dys à un classement, c’est oublier l’essentiel : chaque enfant est différent et aucun parcours ne se ressemble.
Changer de regard sur la gravité des troubles
Au lieu de chercher quel trouble est “le pire”, la vraie question à poser est :
“De quoi mon enfant a-t-il besoin pour avancer ?”
Un enfant dyslexique peut devenir un lecteur passionné avec les bons outils.
Un enfant dyspraxique peut briller dans le numérique ou l’art. Un enfant dysphasique peut s’épanouir grâce à des soutiens adaptés et des activités qui valorisent ses forces.
Ce changement de perspective transforme le quotidien : on ne regarde plus ce qui manque, mais ce qu’il est possible de construire.
Pour t’aider à mieux soutenir ton enfant, lis cet article : Comment être un bon parent pour un enfant atypique : 3 compétences essentielles
Accompagner chaque enfant avec espoir
Être parent d’un enfant dys, c’est souvent marcher dans le brouillard, avec la peur de se tromper. Mais la bonne nouvelle, c’est qu’on n’est pas seule.
Avec un dépistage précoce, des aménagements scolaires, des professionnels bien formés, et surtout un regard bienveillant à la maison, nos enfants peuvent s’épanouir.
La différence n’est pas une barrière insurmontable, mais un chemin particulier qui demande plus d’attention et de patience.
Pour en savoir plus sur notre histoire : De l’impuissance à l’optimisme avec OptimismeCool : comment tout a commencé?

FAQ – Les troubles Dys
Quel est le trouble dys le plus grave ?
Est-ce que les troubles dys disparaissent avec l’âge ?
Un enfant peut-il avoir plusieurs troubles dys en même temps ?
Comment savoir si mon enfant est dys ?
Quels sont les soutiens les plus utiles pour un enfant dys ?
Conclusion : au-delà du “plus grave”, l’essentiel c’est l’accompagnement
Alors, quel est finalement le trouble dys le plus grave?
La réponse est simple et complexe à la fois : il n’y en a pas. La recherche le confirme : la gravité ne dépend pas seulement du type de trouble, mais de sa sévérité, des autres difficultés qui peuvent s’y ajouter et surtout du soutien que l’enfant reçoit au quotidien.
Oui, la dysphasie est souvent citée comme l’une des plus lourdes, parce qu’elle touche le langage oral, cette clé de tous les apprentissages.
Oui, les profils multi-dys représentent un défi majeur, car ils multiplient les obstacles. Mais réduire un enfant à une étiquette ou à une comparaison revient à oublier qu’il est bien plus que son diagnostic.
Au lieu de chercher à classer, il vaut mieux se demander : “De quoi mon enfant a-t-il besoin pour avancer ?” Car chaque parcours est singulier. Avec un dépistage précoce, des aménagements adaptés, un environnement bienveillant et des encouragements constants, un enfant dys peut s’épanouir, trouver sa voie et révéler ses talents uniques.
Parce qu’au fond, la vraie question n’est pas de savoir quel trouble est le plus grave… mais comment transformer chaque différence en force pour l’avenir.
N’oublie pas que j’ai rassemblé dans un guide gratuit les outils concrets qui m’ont aidée à traverser ça avec ma fille.
Trop de cris, de tensions, de doutes au quotidien ?
Ce guide va t’aider à comprendre ton enfant neuroatypique et à reprendre la main, pas à pas, sans t’épuiser.

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