Comment avoir une vie riche dans un pays pauvre?

Dans un monde où l’équilibre économique est un luxe que beaucoup ne peuvent se permettre, trouver la richesse dans la simplicité devient un acte de résilience et de créativité.

Aujourd’hui, nous allons explorer ensemble comment, même dans un pays aux ressources limitées comme Madagascar, il est possible de mener une vie riche de sens et de joie.

Madagascar, notre belle île, est souvent citée parmi les nations les moins nanties financièrement. Mais la richesse ne se mesure pas toujours en monnaie.

Les visiteurs de notre pays sont touchés par la chaleur humaine, l’accueil sincère, la générosité et les sourires inaltérables de nos compatriotes. Comment les familles malgaches, y compris celles avec des enfants atypiques, parviennent-elles à tisser des vies si riches en couleurs et en émotions ?

Dans cet article, nous allons partager des stratégies pratiques et des philosophies de vie qui permettent aux malgaches de s’épanouir. Ces leçons de vie pourraient non seulement t’inspirer mais aussi t’inviter à découvrir la beauté de notre île et la résilience de ses habitants.

1/ Une vie riche dans la qualité des relations humaines

L’importance de la famille

La famille a une place prépondérante dans la vie des malgaches. Les liens sont étroits et on a tendance à valoriser la famille élargie. Concrètement, on a régulièrement des réunions familiales qui inclut les cousins, tantes, grand-oncle, etc.

Ca s’apparente au concept de « cousinades » qui rassemblent les descendants d’un couple, sauf que chez nous le phénomène existe depuis des siècles. Et il n’y a pas qu’une seule cousinade par an.

Il est courant que plusieurs générations habitent la même maison : les grands-parents, les parents et les petits enfants. Les maisons de retraite n’existent pas chez nous (à quelques exceptions près). Nous nous occupons des personnes âgées, et leur sagesse est précieuse au quotidien.

La famille est centrale dans la culture car elle est aussi synonyme de sécurité et de soutien.

En cas de souci financier ou de santé, la famille sera présente pour trouver des solutions ou pour soutenir moralement.

Quand on a une famille, on a une identité et on est déjà riche d’appartenir à une histoire et à une lignée.

Famille malgache à la campagne – Crédit photo Kevin Ebelle, generationvoyage.fr

Le sentiment d’appartenance à une communauté

Les liens sociaux en général à Madagascar sont considérées comme une valeur importante. Souvent plus importante que la valeur travail. Il n’est pas rare que des travailleurs quittent subitement leur emploi (avec risque de le perdre définitivement) pour assister à un événement familial : un proche malade qu’il faut soutenir, un enterrement dans une localité éloignée, un mariage, etc.

Pour les malgaches, cultiver ses relations les rend connectés et heureux.

Et c’est à travers la communauté qu’ils construisent leur propre système de valeurs : ce qui est important pour la communauté (l’honneur, le sentiment d’appartenance, les traditions) l’est automatiquement pour soi. Souvent donc, les besoins de la communauté peuvent passer avant ses propres besoins personnels.

Ces liens avec la communauté sont basés sur la confiance et l’acceptation mutuelle, et sont une source directe de soutien et de bonheur.

2/ Une capacité de résilience surprenante

L’adaptation aux crises cycliques

Madagascar a une histoire assez mouvementée : entre une période de colonisation et des crises socio-économiques à répétition. Mais il n’y a jamais eu de guerre chez nous.

C’est une nation insulaire vulnérable aux phénomènes météorologiques extrêmes. Le pays fait face à des défis environnementaux importants : la déforestation, les cyclones (chaque année), les inondations et la sécheresse. Nous avons le plus grand risque de cyclones parmi les pays d’Afrique. Sans parler des infrastructures dans un état lamentable : des routes coupées et impraticables et un système de distribution d’eau et d’électricité défaillant.

Et pourtant, les malgaches y font face chaque jour : ils ont développé une capacité de résilience assez incroyable.

On s’adapte en permanence. On accepte, on innove, on apprend. Et cela est illustré par notre culture du système D.

Le règne du système D : les solutions créatives

Les malgaches ont trouvé ensemble des solutions créatives aux différents problèmes du quotidien et s’adaptent aux situations :

  • Les voitures coûtent chers ? Chez nous, on marche beaucoup à pieds, à vélo, en bus, en charrettes à zébus et en pousse-pousse (petit char tiré à bras d’hommes). On peut faire aussi appel à des taxis-motos. Sinon, en mer, on utilise des pirogues à balanciers.
Charrette à zébus
  • Les médicaments coûtent chers ? On a notre propre médecine traditionnelle, développée avec des plantes médicinales parfois endémiques pour les petits bobos du quotidien. Et nous avons nos guérisseurs traditionnels, « mpanandro », qui sont à la fois médecin, psychologue, kinésithérapeute et conseiller conjugal.
  • Peu de personnes sont connectées à internet ? Pas grave, on peut trouver le dernier hit à la mode ou la dernière série chez un marchand de rue. On peut charger directement sur le téléphone pour quelques centimes d’euro (désolée, le piratage est encore très répandu dans notre pays).
  • Pour les virements bancaires, il faut soit remplir des papiers, soit avoir une connexion internet ? Il y a plus simple : le mobile banking. Il s’agit de transferts d’argent directement depuis notre téléphone, sans connexion internet.
  • Les habits à la mode c’est cher ? Chez nous, on s’habille en friperie et on sait customiser une robe de grand-mère en une tenue hyper fashion.
  • Tu n’as pas l’eau courante chez toi ? Fais appel à un porteur d’eau ou à un sourcier pour la construction de ton puit.
  • Pas d’électricité ? Une bonne batterie de voiture fera l’affaire pour brancher ta télé dessus.
  • Pas de frigo ? Utilise le sel pour conserver la viande et achète chaque jour ce dont tu as besoin.
  • Tu n’as pas de machine à laver et tu n’as pas le temps de laver ton linge ? Il y a des lavandières dans tous les quartiers pour s’en charger.
  • Se divertir coûte cher? Teste les jeux traditionnels malgaches qui aiguiseront ton sens de la stratégie
Une planche de bois, quelques haricots et c’est parti pour un jeu de stratégie
  • Pas de console de jeux vidéos, ni de jeux de société pour les enfants? Un petit tour sur la balançoire à bascule en bois du village et le bonheur est assuré!

Par ailleurs, plusieurs métiers désuets en occident sont toujours existants et florissants chez nous : cordonnier, cireur de chaussures, ferronnier, ébéniste, rechargeur de briquets, réparateur de lunettes et de parapluies, réchappeur de pneus, laveur de voitures, vendeurs de livres d’occasion, couturier de rue, etc.

Cette vidéo illustre le travail des couturiers de rue et du système D pour entretenir les machines à coudre : un mélange de pétrole et d’huile de coco !

Quand c’est impossible ailleurs, c’est toujours possible chez nous

Chaque année, le pays est dévasté par des cyclones (généralement entre Janvier et Mars) et nous devons y faire face avec nos peu de moyens.

Pour te mettre dans le bain des difficultés rencontrées chez nous, on t’invite à visionner ce reportage « Les routes de l’impossible » qui a fait plus de 9 millions de vues (l’un des épisodes le plus regardé). Il illustre l’état pitoyable de nos routes et la manière dont nous y faisons face.

En quelques mots :

  • On redonne vie à des voitures prêtes pour la casse (reportage de 4 :00 à 10 :30)
  • On sait mettre dans une voiture 4L, 3 cochons et 7 personnes, ou 12 personnes et même jusqu’à 22 joueurs de foot rangés comme des bananes ! (reportage de 11 :00 à 15 :00)

3/ Une vie riche avec un esprit de solidarité et de partage

Le « fihavanana », la réussite commune

Le fihavanana est un concept purement malgache. C’est intraduisible. C’est un principe de base de la vie collective à Madagascar. Il s’apparente à l’entraide, à la solidarité et au partage avec un principe de réciprocité.

Précision : cette illustration est pour faire sourire car le fihavanana est endémique comme le lémurien

Le fihavanana est perçu comme un moyen de renforcer les liens sociaux et d’assurer la survie de la communauté dans son ensemble. C’est un modèle « d’entente cordiale des humains » avec un épanouissement de la communauté. Mais ce modèle prône la nécessité de toujours trouver un consenus. C’est un principe qui poussent les hommes à s’auto-contrôler et à faire taire certains désaccords quand ils sont trop marqués.

Malheureusement, le fihavanana peut constituer un frein au développement. En effet, si des projets de développement n’obtiennent pas l’unanimité, ils ne sont pas adoptés.

Rabemananjara, un intellectuel, poète et homme politique malgache disait à propos du fihavanana :

« On était solidaire parce qu’on se réclamait de la même lignée. On était solidaire en raison du voisinage et de la proximité, face aux périls et aux nécessités. L’aide mutuelle s’exerçait spontanément dans de nombreux domaines et de nombreuses circonstances. On était ensemble pour le travail des rizières, pour l’entretien des terres des personnes malades ou absentes. On était ensemble pour réparer ou construire les tombeaux. On portait secours aux vieillards, aux infirmes, aux souffrants. En cas de décès, c’était la communauté qui se chargeait de tout. Dans le contrat social, on était les uns pour les autres. »

Les malgaches retirent une certaine satisfaction émotionnelle du fihavanana : ils savent qu’ils contribuent positivement à la vie des autres.

Il y a d’ailleurs un proverbe connu :

« Aleo very tsikalakalam-bola toy izay very tsikalakalam-pihavanana. »

Qui peut être traduit par :  » Mieux vaut perdre un peu d’argent, qu’un peu d’amitié ou de solidarité « 

La prospérité dans la pauvreté

Ma mère est une scientifique qui a vadrouillé dans le monde entier. Son domaine de prédilection, la médecine traditionnelle. Elle a parcouru plus de 30 pays et connait Madagascar dans les moindres recoins. Elle aime me raconter régulièrement cette rencontre émouvante, dans le fin fond de la campagne malgache. Cette rencontre lui a transmis une échelle de valeurs, qui a nourri sa fierté d’être malgache.

Après plusieurs heures de marche dans la brousse, l’équipe de scientifiques qu’elle menait, s’est arrêtée dans une case isolée au milieu de vastes rizières.

Vastes rizières malgasy

Un vieil homme d’une soixantaine d’années les accueillit avec un chaleureux sourire et une immense reconnaissance pour cette visite impromptue. Il vivait seul, depuis la mort de sa femme. Il avait pour unique compagnon la nature. Il s’est senti honoré et fier que son humble demeure devienne un lieu de rencontres et d’échanges.

Avant de se séparer, il insista pour offrir la seule nourriture qu’il possédait chez lui, un rayon de miel qu’il conservait précieusement dans un petit panier. L’équipe de scientifiques avait vigoureusement refusé sachant que c’était sa seule et unique nourriture, mais le vieil homme insista et délivra un discours poignant.

« Je suis béni des dieux. J’ai eu une épouse fidèle qui m’a donné de nombreux enfants. Mes enfants ont tous bien grandi et sont partis à la conquête de la vie. Je suis toujours vivant et je me porte bien. Je ne manque de rien. Et votre visite aujourd’hui est un cadeau du ciel. »

Cet homme montrait réellement une joie de vivre et il était en symbiose avec son environnement. Et pourtant sa pauvreté extérieure est souvent insupportable et inconcevable pour les populations des pays riches. Elles ont l’habitude des plaisirs matériels éphémères et ressentent facilement le manque.

4/ Le minimalisme, une source d’épanouissement

Le minimalisme est une pratique qui s’est imposée à certains malgaches du fait de leur situation financière précaire. Ils ont été obligés de se concentrer sur les choses essentielles. Ils ont dû se satisfaire d’une quantité réduite de biens matériels. Avec la culture malgache, le minimalisme a pris trois formes particulières :

La consommation de produits naturels et de proximité

Les engrais chimiques, la transformation des produits et leur transport coûtent chers. Résultats des courses, on consomme souvent bio et fait maison. C’est beaucoup moins cher de consommer des fruits et des légumes frais, à la place de boites de conserves et de surgelés (quasi inexistant). On fait des yaourts maison au lait frais, dans une yaourtière bricolée maison également (une grosse marmite préalablement chauffée, enveloppée d’une couverture).

La réutilisation et le recyclage des objets

  • Une boite de conserve devient un verre doseur pour les aliments (riz, sucre, etc.), une boite à couture, un vide-poche, un pot à fleur, etc.
  • Un bidon d’huile en plastique de 5 litres devient un sceau pour transporter de l’eau, ou une fontaine en y rajoutant un robinet.
  • Un cageot en plastique devient une chaise, cinq cageots deviennent directement un salon avec une table basse!
  • Une bouteille d’eau en plastique devient un contenant pour du lait, du jus ou du miel. Elle peut devenir un verre (en gardant uniquement la base), un bac à fleur ou un balai (en découpant le plastique en fines lamelles).
Quand plusieurs bidons en plastique deviennent une barque

La chasse au gaspillage

« Rien ne se perd, tout se transforme » prend tout son sens à Madagascar.

Les malgaches évitent de jeter la nourriture, car c’est précieux. Les restes de nourriture sont transformés en d’autres plats ou donnés aux animaux domestiques.

Si on passe devant une poubelle municipale dans une grande ville, la probabilité de trouver des personnes qui récupèrent des articles usagés pour les réutiliser ensuite est élevé.

Rien est jeté : les objets ont leur deuxième vie

5/ Bien-être et nature

La maison comme lieu de ressourcement

Dans la construction de l’habitat malgache, il y a quelque chose qui relève du respect de la nature et du sacré.

  • Pour la nature :

Dans le choix des matériaux, les maisons traditionnelles sont construites avec les matériaux sur place : des matériaux végétaux et de la terre. Il y a une variété infinie de possibilités avec le sisal, le ravinala (palmier endémique) ou la latérite.

Maisons traditionnelles malgaches, sur les hauts plateaux
  • Pour le sacré :

Généralement, quand un malgache décide de construire sa maison, il fait appel à un astrologue. C’est ce dernier qui décidera du jour où les fondations seront posées et de l’orientation de la maison. Il s’appuiera sur plusieurs paramètres : le mouvement du soleil, la force du vent et la position de la lune.

Joan Razafimaharo, architecte au sein de l’Ordre National des Architectes malgaches, et active au sein de la structure  » La Maison de l’Architecture Malgache  » précise quelques principes importants:

 » Les malgaches accordent une grande importance aux points cardinaux pour leur lieu de vie :

  • L’Est, où le soleil se lève, est la direction sacrée : on y prie les ancêtres. C’est là que l’on conserve précieusement l’eau potable, ou qu’on place la natte pour dormir, avec les pieds dirigés vers le sud.
  • Le Nord est la place d’honneur : celle qu’on laisse aux personnes les plus importantes du foyer ou les invités de marque. Au Nord, on n’attise pas le feu et on ne balaie pas en direction du nord.
  • L’Ouest, où le soleil se couche, est une direction relativement neutre. C’est là qu’on place l’unique porte d’entrée pour voir le soleil diminuer jusqu’à son coucher.
  • Le Sud est à connotation maléfique. On y place les éléments souillés ou les outils de travail. C’est généralement la façade la plus exposée aux vents, donc la moins agréable. »

Selon Joan Razafimaharo,  » Pour les malgaches, la maison est un cadran solaire qui permet de donner des repères physiques à toute la famille. Une sorte de « maison horloge », d’où on observe la danse de la lune et du soleil. »

Pour en savoir plus sur l’architecture malgache, suivez les podcasts de Joan sur le site de son cabinet Trano.

Le respect de la nature

Malgré les défis environnementaux du pays (déforestation, surpêche, pollution notamment), les malgaches ont un profond respect pour la nature et l’environnement. Il y a deux raisons majeures :

  • 80% de la population malgache est dans le secteur agricole, et Madagascar est dépendante économiquement des produits de rentes (vanille, litchi, cacao, girofle, café, poivre, etc.).
Avoir une vie riche
Village de Mangabe, à 30 km au nord de Tananarive, capitale de Madagascar

La culture en terrasses du riz et la rotation des cultures sont des exemples de méthodes utilisées par les malgache pour travailler en harmonie avec les éléments naturels.

  • La terre est considérée comme sacrée. La nature est source de calme, de tranquillité et la terre est intimement liée à des croyances traditionnelles.

NB : La biodiversité à Madagascar est d’une richesse exceptionnelle. Le pays abrite plus de 250 000 espèces dont 70% sont endémiques. On trouve sept espèces de baobab sur l’île, contre une seule en Afrique.

Allée des baobabs, ville de Morondava

6/ La joie de vivre avec la philosophie « moramora »

« Moramora » est un terme malgache qui signifie « doucement » ou « tranquillement ». Certains lui donnent une connotation négative liée à la « lenteur ». En réalité, cette formule rappelle :

« qu’on a le temps, que c’est possible, que cela peut se faire, que tout viendra bien assez vite, que c’est facile, et qu’il ne tient qu’à nous que cela reste doux. »

Avoir une vie riche
Village de Mangabe, à 30 km au nord de Tananarive, capitale de Madagascar

« Moramora » est un élément important de la culture malgache qui reflète une façon de vivre et une attitude envers la vie. C’est presque devenu une marque du pays : on le voit sur les T-shirts et objets souvenirs pour les touristes.

Moramora, la dolce vita à la sauce malgache

A Madagascar, on prend le temps d’apprécier la vie et on tient à faire régner la convivialité.

Le « moramora » peut être vu dans les comportements des Malgache dans la vie quotidienne.

Par exemple, les gens prennent leur temps pour parler et saluer les autres (en dehors des grandes villes). Le malgache va s’intéresser à la santé de son interlocuteur et va prendre des nouvelles de sa famille.

Au marché, une transaction n’est pas seulement un simple échange de biens contre de l’argent. C’est une opportunité d’échanger, de converser et de créer du lien.

En bref, le moramora, c’est la vie en couleurs et en mode cool.

Un marché de plage avec ses paréos en couleurs

7/ Une énergie positive boostée par la musique

Une fête familiale (mariage, baptême), un enterrement, un after-work ? La musique est là.

Un rassemblement politique réussi ? les artistes de premier plan sont présents.

La meilleure manière de soutenir une équipe sportive ? Un hymne musical.

La musique occupe une place importante dans la vie sociale et religieuse des malgaches.

La musique malgache est le fruit de la rencontre de différentes cultures : asiatique, africaine, arabe et européenne. Elle a une dimension spirituelle et a un rôle dans les célébrations diverses. C’est aussi une forme d’expression artistique pour partager plus largement ses idées et promouvoir la culture malgache.

Elle fait partie intégrante de la vie quotidienne et est un élément clé de leur identité culturelle.

Nous avons nos propres instruments de musique traditionnelle, dont le plus connu est la valiha.

Il s’agit d’une variété de cithare tubulaire mais qui a la spécificité d’être constituée d’un segment de bambou dont les extrémités distendent les cordes de résonance. Son origine est assez lointaine et les vagues successives de peuplement, notamment venant d’Asie, seraient à l’origine de son apparition à Madagascar.

La sonorité de la valiha se rapproche d’une pluie chantante, avec des mélodies romantiques et intimistes.

On te laisse découvrir cet instrument très apaisant avec cette jolie reprise du titre Options par le groupe Ry KalaVazo.

Rajery_prince_valiha
Rajery, Prince de la valiha

8/ La plénitude grâce à une vie spirituelle riche

Un équilibre entre religion traditionnelle et religions importées

La spiritualité occupe une place importante dans la vie des malgaches.

Ils la vivent à la fois comme une pratique culturelle, une expérience communautaire et une dimension personnelle. Les pratiques religieuses prennent plusieurs formes et en général les religions « importées » (christianisme, islam) coexistent avec les religions traditionnelles (animisme).

Les malgaches croient en Zanahary, le créateur suprême.

Zanahary est considéré comme la source de toute vie et de toute existence. Il est souvent décrit comme un être bienveillant qui apporte la paix, la prospérité et la protection à ceux qui croient en lui.

La sagesse des ancêtres

Dans la religion traditionnelle malgache, les ancêtres ont une place importante et sont souvent considérés comme des intermédiaires entre les humains et Zanahary.

Les malgaches pensent que les ancêtres ont une influence sur les événements de la vie quotidienne : les ancêtres guident et protègent les vivants.

C’est pourquoi le culte des ancêtres est ancré dans les coutumes pour implorer la bénédiction des ancêtres défunts. Par exemple, pour leur faire honneur, il est d’usage de verser une gorgée de rhum dans le coin intérieur nord-est de la maison avant tout événement festif.

L’astrologie pour explorer sa spiritualité

Pour explorer leur spiritualité, les malgaches utilisent régulièrement l’astrologie comme un outil pour mieux comprendre leur place dans l’univers et leur relation avec les autres. L’astrologie malgache est basée sur un calendrier « des destins » ou  « vintana » de 355 jours. Ce calendrier des destins luni-solaire est d’origine arabe.

Chaque mois comporte des destins : majeur ou mineur, favorable ou non. Selon la tradition, chaque individu est donc né avec un destin appelé « vintana » donné par Dieu. L’astrologue malgache peut guider les actions importantes de la vie et favoriser de grandes décisions, en déterminant les jours fastes et néfastes.

9/ La richesse dans la pauvreté

En conclusion, malgré les conditions de vie très difficiles des malgache, on peut dire que la grande majorité vit une vie épanouie. Les ingrédients de cette vie très spéciale sont :

  • des relations sociales riches et significatives
  • des valeurs (solidarité, partage) et une culture unique, partagées par tout le peuple
  • une connexion étroite avec la nature
  • un mode de vie « moramora », sans prise de tête, où on prend le temps et où tout est possible
  • une gratitude ressentie pour les petites choses de la vie
  • un quotidien où la musique a une place indiscutable
  • une vie spirituelle riche où se mêlent religion traditionnelle (avec ses rites et ses coutumes) et religions importées
Un pêcheur malgache, dans sa pirogue en bois

Encore un doute sur la richesse de ce type de vie ? On te renvoie à cette citation de sœur Emmanuelle, extrait de son ouvrage « Richesse de la pauvreté » :

« Me voici devant une question paradoxale : en Europe et dans les pays riches, on n’arrive pas à jouir de la vie, alors que chez les plus pauvres, on est épanoui, et chaque minute apporte la simple joie d’exister. Pour moi, c’est tout un drame »

Sœur Emmanuelle

Encore un doute ? Fais l’expérience toi-même :

Passe 10 minutes dans le métro parisien et passe 10 minutes dans un marché malgache ou dans la campagne malgache. Observe comment les gens se comportent :

  • Leur visage est-il souriant ?
  • Est-ce qu’ils te regardent ?
  • Est-ce qu’ils s’intéressent à toi ?
  • Qui est le plus heureux ?

Pour découvrir la musique malgache et te remplir d’énergie positive, c’est par ici.

Avec cet article, on participe à l’événement interblogueurs  » Comment avoir une vie riche?  » lancé par le blog fricaufeminin.fr

Ophélie est une économiste et une coach certifiée, dont le sujet de prédilection est la liberté financière. Elle accompagne les femmes à créer le projet de leurs rêves. On apprécie beaucoup ses articles et on te propose celui-ci en particulier qui parle de la frugalité :  » La frugalité : définition du secret de ta liberté « .

Commentaires

  1. Jouvenon

    Bravo pour cette merveilleuse contribution pleine de sincérité et de générosité. J ai adoré et je partage tellement toutes ces valeurs 😉👍🙏

    1. Manager Papillon

      Merci Ophélie! Et merci beaucoup pour l’organisation de ce carnaval d’articles, le thème m’a beaucoup inspirée.

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